éditorial

Après l’échec prévisible des Verts, une formule à repenser

ÉDITORIAL. Les partis sont en principe d’accord pour «développer la concordance», mais les recettes et les objectifs divergent

Les Verts font l’expérience de la puissante force d’inertie du système gouvernemental suisse. La porte du Conseil fédéral leur reste fermée pour l’instant. Pour l’ouvrir, il eût fallu agir autrement. En 2003, l’UDC s’était rangée dès le soir des élections fédérales derrière une seule et unique candidature de combat, celle de Christoph Blocher. Les Verts ont tergiversé, attendant le deuxième tour de l’élection au Conseil des Etats, dans lequel Regula Rytz était engagée, pour lancer leur campagne. Parce qu’ils sont partis trop tard, parce que, comme ce fut le cas avec l’UDC, on leur demande de confirmer leur progression électorale, parce que leur motivation n’était pas sans faille, ils ne pouvaient qu’échouer. Et même s’ils avaient réussi à faire élire Regula Rytz, l’inertie gouvernementale se serait exprimée dans un second temps, lors de la répartition des portefeuilles: l’écologiste ne se serait jamais vu confier les rênes du département chargé de l’environnement et du climat.


A propos de la défaite des Verts: 


Il faut cependant souhaiter qu’il reste quelque chose de cette non-élection. La formule arithmétique qui dicte la composition du Conseil fédéral depuis 1959 a vécu. A l’époque, les partis gouvernementaux recouvraient près de 85% des suffrages exprimés. Leur effritement a fait chuter ce pourcentage au-dessous de 69%. Certes, il faut relativiser ces chiffres, qui sont meilleurs pour le PDC et le PLR si l’on intègre les résultats du Conseil des Etats. Néanmoins, la formule semble désuète. Il faudra la repenser afin d’assurer la meilleure symétrie possible entre gouvernement et parlement. Mais l’affaire est complexe. Sur le papier, les partis sont d’accord pour «développer la concordance», comme ils disent. Mais ils n’en ont pas la même vision. Certains veulent renforcer la gauche, d’autres espèrent donner plus de poids au centre, d’autres encore ne veulent en aucun cas affaiblir la droite.