Il n’existe d’autre avenir que celui qui surviendra, c’est pourquoi toute tentative de concevoir une géopolitique après la pandémie de Covid-19 doit se présenter sous la forme d’un éventail d’avenirs possibles. J’en verrais cinq, plausibles d’ici à 2030, mais d’autres peuvent évidemment être imaginés.

L’ascension du populisme et de la Chine

La fin de l’ordre libéral mondialisé. L’ordre du monde mis en place par les Etats-Unis après la Première Guerre mondiale a créé un ensemble d’institutions qui ont conduit à une libéralisation notable des échanges internationaux, commerciaux et financiers. Avant même la pandémie de Covid-19, cet ordre était remis en question par l’ascension de la Chine et la montée des populismes dans les démocraties occidentales. La Chine a tiré parti de cet ordre, mais à mesure qu’augmente son poids stratégique, elle cherche de plus en plus à en définir elle-même les règles et les normes. Les Etats-Unis résistent, les institutions internationales s’atrophient, et les appels à la souveraineté se multiplient. Les Etats-Unis demeurent en dehors de l’Organisation mondiale du commerce et de l’Accord de Paris sur le climat. Le Covid-19 renforce la probabilité de ce scénario en affaiblissant le «gestionnaire du système», les Etats-Unis.