On dit souvent que les grandes crises de l’existence – deuil, séparation, perte d’emploi, entre autres – peuvent être l’occasion de se réinventer. Plus facile à dire qu’à faire… Mais il est exact que ces périodes forcent à se poser de bonnes questions, sur ce qui nous tient à cœur et sur les changements à apporter dans nos vies. Face à l’épreuve collective que représente la pandémie de Covid-19, chacun d’entre nous peut ainsi être amené à reconsidérer ses choix.

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Il y a fort à parier que cette introspection nous mènera à des comportements plus respectueux de l’environnement. Qui n’a pas apprécié le calme retrouvé en ville et pris conscience des nuisances liées à la circulation automobile? D’autres auront mieux compris la valeur de l’agriculture locale alors que les grandes chaînes d’approvisionnement mondiales sont bouleversées et se fourniront désormais auprès de producteurs régionaux. Après quelques après-midi passées à flâner au soleil dans les parcs – à bonne distance des autres promeneurs bien sûr – certains auront renoncé aux escapades superflues en avion.

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Malheureusement, ces bonnes volontés individuelles ne seront pas suffisantes pour relever le défi du réchauffement. Tout comme les maigres bénéfices apportés par la pause actuelle des émissions de gaz à effet de serre ne permettront pas de faire l’économie d’une réforme en profondeur de nos modes de vie, indispensable pour atténuer les effets potentiellement dévastateurs des changements climatiques.

Vieilles recettes ou innovation

Les Etats doivent donc eux aussi se saisir de la triste occasion fournie par la pandémie pour se réinventer. Le Covid-19 a mis l’économie à terre et de nombreux pays planchent sur des plans de relance. Il serait regrettable que ceux-ci soient basés sur de vieilles recettes riches en énergies fossiles, alors qu’ils pourraient capitaliser sur des solutions plus innovantes, pour développer les économies d’énergie et les énergies renouvelables, notamment.

Plus facile à dire qu’à faire? Certainement. On ne peut d’ailleurs exiger d’un pays qui peine à se développer qu’il se préoccupe de ces considérations. Les économies les plus prospères seront celles qui seront jugées sur leur réponse à la crise actuelle. Avec sa richesse, sa culture démocratique et son esprit d’entreprise, la Suisse a un devoir d’exemplarité en la matière. Plus que jamais, cette pandémie nous place face à nos responsabilités par rapport au réchauffement.