Primaires américaines

Après le retrait de Jeb Bush de la course à l'investiture, la presse exulte

Jeb Bush, en pleurs, a annoncé samedi son retrait de la course à la Maison Blanche. La presse prend note avec délectation

C'est Paris-Match qui raconte: «Le dernier des Bush est donc apparu hier soir devant ses troupes l’oeil humide, les joues rougies par le choc de la défaite, accompagné de sa femme Columba qui était carrément en larmes. «Les électeurs ont parlé, je respecte profondément leur décision, donc je suspens ma campagne.» Le public a poussé un cri de déception. «Yeah, yeah», a alors lancé Jeb sur un ton dépité, avant de toussoter et conclure un discours plutôt digne.

Quant à l'Agence France Presse, elle n'a pas de doute: c'est en pleurs que l'ex-gouverneur de Floride, 63 ans, a annoncé son retrait, «s'interrompant pour essuyer des larmes.»

Elle ajoute: «Avec au départ un colossal soutien financier et la bénédiction du parti, l'ancien gouverneur de Floride (1999-2007) semblait le meilleur espoir des républicains pour reconquérir la Maison Blanche. Mais il n'a jamais décollé: ses mauvaises performances dans les débats télévisés et une campagne sans souffle lui ont valu des sondages calamiteux, confirmés dans les urnes.»

Lire aussi: «Pourquoi Trump peut remporter les primaires républicaines»

Samedi soir, en Caroline du Sud, il a subi une nouvelle défaite humiliante, obtenant moins de 8% des voix, soit la quatrième place.

Depuis, la presse est à peu près aussi amène avec le candidat malheureux que ne le fut Donald Trump avec son adversaire de l'establishment: «Ding, dong, the dynasty is dead: so long to Jeb Bush and the family legacy», «Ding, ding, dong, la dynastie est morte...», ironise ainsi Jeb Lund dans The Guardian.

Tandis que Le New York Times constate: «Jeb Bush se retire de la campagne humilié et vaincu». Allez savoir par quel mystère des algoritmes, c'est une publicité contextuelle pour le film «Demolition», qui apparaissait ce dimanche matin sur l'écran de mon ordinateur à la hauteur de ce texte... Dans un texte éditorial, il poursuit le supplice chinois de l'infortuné Jeb en constatant: «Le parti de Jeb Bush se range, avec circonspection, derrière un nouveau visage, celui de Donald Trump». Puis il précise sa pensée: «Le parti de Prescott Bush, George Bush and George W. Bush est, pour le moment, le parti de Donald J. Trump.»

«Je suis fier d'avoir mené une campagne pour unir le pays», a déclaré dans son speech d'abandon Jeb Bush, qui a ensuite analysé: «Malgré ce que vous avez peut-être entendu, les idées comptent, les politiques comptent».

Les idées comptent peut-être, mais aussi ceux qui les incarnent, lui rappelle Vox qui écrit: «Jeb Bush a finalement admet ce qui était évident depuis des mois: les partisans républicains ne veulent pas de lui pour être leur candidat.»

Ce que l'Agence France Presse traduit en monnaie sonnante et trébuchante de la manière suivante: «L'impatience du Parti républicain face aux piètres résultats de Jeb devenait de plus en plus palpable. Ses collectes de fonds avaient aussi fortement diminué»

Mais l'hallali, ce sera Mona Charen qui l'aura sonné, dans la National Review, magazine républicain influent. Elle y avait signé une «Lettre ouverte à Jeb Bush» que l'Agence France Presse à qualifié de «lettre au vitriol». «Vous avez été un candidat affreusement ennuyeux», qui a «déjà dépensé 89,1 millions de dollars en publicités», stigmatisait-elle, en ajoutant: «Il y a plusieurs manières d'exprimer l'amour de son pays. L'une est de le servir comme président. Dans votre cas, cette voie semble être fermée».

Comment dit le proverbe, déjà? «Occupez-vous de mes ennemis, je me charge de mes amis»...

Lire aussi: «Hillary clinton contient Sanders et Trump conforte son avance»

Publicité