Football

Après la «romantada» de l’AS Roma, la folie s’empare de l’Italie

L’Associazione Sportiva Roma s’est qualifiée mardi pour les demi-finales de la Ligue des champions après une victoire historique, et inespérée, contre le FC Barcelone. De quoi mettre les supporters du club dans un état second

Les gladiateurs de l’AS Roma ont terrassé le géant catalan en quarts de finale de la Ligue des champions. Après avoir perdu le match aller 4-1 à Barcelone, les joueurs romains ont réalisé mardi une remontée spectaculaire en s’imposant 3-0 sur leurs terres. Cette qualification est un exploit immense. Personne n’avait misé sur un tel scénario, pas même Le Temps, qui estimait que le Barça avait déjà «un pied et quatre orteils en demi-finales».

Lire aussi: En Ligue des champions, peu de suspense avant les demi-finales

La rencontre s’est jouée dans un Stadio Olimpico bouillant. Présent dans les tribunes, l’ancien capitaine de «la Louve», Francesco Totti, en a pris plein les yeux. La légende du football, aujourd’hui à la retraite, a posté un message enflammé sur Twitter peu après le coup de sifflet final: «C’est pour des moments comme celui-ci que c’est génial de vivre pour ces couleurs. Allez Rome!» Un enthousiasme partagé par le responsable du compte Twitter du club. Au point de diffuser ce charabia ponctué par un joli paquet de points d’exclamation:

Bref, la capitale italienne a basculé dans l’euphorie générale. Même le président du club, James Pallotta, a cédé à la folie. Il s’est jeté dans une fontaine de la piazza del Popolo, au milieu de supporters déchaînés. Cette victoire historique a droit à un nom, il faut désormais parler de la romantada. Une expression reprise en chœur par la presse internationale.

L’incontournable Gazzetta dello Sport raconte la «folle nuit» des supporters. Pour cela, le quotidien liste une série d’anecdotes amusantes. Au Mexique, un supporter a plongé dans l’eau avec le maillot du club sur le dos. A Melbourne, un fan isolé a payé sa tournée dans un bar. Aux Etats-Unis, une jeune Italienne a reçu une demande en mariage. Cette parenthèse heureuse fera-t-elle oublier la terrible élimination de l’Italie pour la Coupe du monde? Les supporters préfèrent se souvenir du sacre en 2006, face à l’équipe de France. «Le plus beau moment depuis le 9 juillet 2006! Merci les gars, tant de larmes, tant de joie!» écrit sur Facebook Marco Keller, journaliste au Tages-Anzeiger:

Des larmes, il y en a aussi côté espagnol. De tristesse, cette fois. Car c’est bien une claque que le club catalan a prise. D’autant plus humiliante que les Barcelonais montraient les muscles avant ce quart de finale. Dans une vidéo diffusée par le club avant le match aller, les joueurs étaient soutenus par une armée de gladiateurs. Une petite pique qui n’aura pas intimidé les Romains.

Au lendemain de l’élimination du Barça, la presse espagnole n’est pas tendre. Le quotidien madrilène El Mundo fait référence à la chute de l’Empire romain dans son titre: «La caída de Roma» («La chute de Rome»). Et le principal journal sportif d’Espagne, Marca, évoque un «échec total en Europe». Sur la première page, on trouve la vedette Lionel Messi et ses coéquipiers, tous hagards. Cette fois, le capitaine du Barça n’a pas fait la différence.

Cette défaite est cruelle et ce, jusque dans les moindres détails. Le jour du match, la BBC a publié un article qui raconte que la ville de Barcelone tremble littéralement lorsque Lionel Messi marque. Ce n’est pas lié à la puissance de la frappe, mais aux supporters qui, fous de joie, sautent dans les tribunes du Camp Nou. Un sismologue, tout à fait sérieux, est à l’origine de cette petite découverte, qui pourrait permettre de comprendre «comment les structures et les bâtiments vibrent sous l’effet des différents mouvements de personnes, explique Jordi Díaz. Nous avons contacté les écoles d’ingénieurs à ce sujet.» Le chercheur aurait sans doute dû se rendre mardi aux abords du Stadio Olimpico pour alimenter ses recherches. Car tandis que la terre tremblait à Rome, Barcelone se contentait de gronder.

Publicité