Longtemps les socialistes vaudois ont été cités en exemple. Ils multipliaient les succès électoraux et possédaient des personnalités largement reconnues dans le canton, mais aussi sur le plan fédéral. Cette puissance du PS était incarnée avant tout par un homme: Pierre-Yves Maillard. Associé à son compère du PLR Pascal Broulis, l’ancien ministre de la Santé a construit le fameux compromis dynamique qui a permis au canton de sortir de l’ornière et de devenir l’un des plus créatifs du pays.

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En cours de législature, Pierre-Yves Maillard est redevenu parlementaire fédéral et syndicaliste. Son départ n’a pas été comblé et sa popularité assurait pratiquement la majorité à la gauche. Bien sûr la pandémie est passée par là. Le gouvernement a plutôt bien géré la crise. Mais la majorité rose-verte ne s’est pas remise suffisamment en question. Au début de la campagne, elle s’est contentée de défendre son bilan. Beaucoup d’observateurs lui reprochent un manque d’humilité, pour ne pas parler d’arrogance. Il faut aussi reconnaître qu’onze ans de pouvoir, cela use.

Carton rouge pour Cesla Amarelle

Cet écart grandissant avec les préoccupations de la population a surtout touché Cesla Amarelle. La ministre de la Formation aime foncer, suivre ses convictions très marquées, mais a oublié d’écouter ceux qui lui reprochaient des réformes précipitées ou non prioritaires. Et cela lui coûte très cher aujourd’hui car les enseignants et de nombreux parents ont brandi le carton rouge.

Ce Département de la formation est très exposé. Après des décennies socialistes à sa tête, la droite majoritaire doit désormais assumer ses responsabilités et reprendre ce dicastère. La prochaine ministre de l’Education sera peut-être Valérie Dittli. La surprise du jour incarne la volonté des Vaudois d’être gouvernés au centre de l’échiquier politique. Mais la pression sera très forte sur celle qui n’a aucune expérience politique. Sera-t-elle une quatrième PLR ou parviendra-t-elle à faire entendre sa propre voix?

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