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Donald Trump lors de son arrivée mardi à Columbus, Ohio. A ses côtés, le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, qui s'est rallié à la candidature du «tycoon» après ses très faibles résultats lors de la primaire républicaine du New Hampshire, le...
© AARON JOSEFCZYK

Revue de presse

Après le Super Tuesday, les médias américains sont de plus en plus empruntés face à Donald Trump

Le «bulldozer» républicain apparaît comme le grand vainqueur du «super-mardi», alors qu’Hillary Clinton refait une bonne partie de son retard. Outre-Atlantique, dans cette configuration (presque) inédite, la presse vit un malaise profond, d’autant que Trump, «ça fait vendre»

C’était une «super-journée» pour prendre de l’avance, comme l’écrit Courrier international. Donald Trump, côté républicain, et Hillary Clinton, côté démocrate, partaient «favoris avant le Super Tuesday de ce 1er mars». Comme prévu, les électeurs des 12 Etats concernés ont voté en majorité pour ces deux-là qui, sortis vainqueurs de la journée, ont ainsi pris «une sérieuse longueur d’avance sur leurs concurrents», s’accordent à dire les observateurs de la campagne.

Lire aussi: Donald Trump et Hillary Clinton s’imposent lors du «Super Mardi»

Triomphe total? La plupart des médias américains demeurent prudents, comme le site de The Atlantic ou celui du New York Times (NYT), qui ont couvert l’événement en direct. Ce, «alors qu’appels au vote et ralliements de dernière minute» se multipliaient, surtout chez les outsiders: Bernie Sanders à gauche, Ted Cruz et Marco Rubio à droite. Mais à côté de ces viennent-ensuite, «certains électeurs ont le sentiment qu’il s’agit de choisir le moins mauvais candidat possible», écrit par exemple le NYT.

Lire aussi: Donald Trump, du cauchemar à la réalité (24.02.2016)

A scruter le camp républicain, même si son bulldozer ne fait pas preuve d’une imagination délirante (voir ses tweets ci-dessous), on est en train de réaliser que le scénario de 36 ans en arrière pourrait bien se répéter. Le 2 mai 1980, il est en effet amusant de constater que l’éditorialiste du Journal de Genève et de la Gazette de Lausanne écrivait que «la candidature de Ronald Reagan […], d’abord considérée comme un gag», était «prise de plus en plus au sérieux» et qu’il avait «de fortes chances d’être désigné par le parti républicain».

«Son image» – celle de Reagan, donc – «encore déformée par la distance géographique et culturelle nous séparant des Etats-Unis, n’est guère brillante. Elle serait même, à certains égards, inquiétante.» Mais les électeurs du cow-boy de Californie lui «concèdent cependant une solide efficacité dans l’art de faire passer son message» principal: «Refaire de l’Amérique un grand pays, respecté à l’extérieur, et sans grands problèmes à l’intérieur». Hillary Clinton en rit encore aujourd’hui:

Reste que «de l’autre côté de l’Atlantique, les grands titres de la presse américaine sont dans une position délicate lorsqu’ils évoquent un candidat qui multiplie les sorties xénophobes, racistes et sexistes, mais dont l’électorat représente des millions d’Américains, constate Télérama: Ecrire que Donald Trump est raciste et menteur, est-ce faire preuve de subjectivité?» La réponse est non pour le site internet BuzzFeed et son rédacteur en chef Ben Smith, qui a envoyé en décembre dernier un mémo en interne assez inhabituel où il s’en explique. «Il dit des choses qui sont fausses, et mène clairement une campagne contre les musulmans. BuzzFeed News s’informe à partir de faits, pas d’opinions. Et ce sont des faits.»

Mais du Wall Street Journal au Huffington Post – qui titre ce matin «THE WRECKONING», en lettres capitales, un terme typiquement américain, difficile à traduire mais qui signifie quelque chose comme «la consécration» – les éditoriaux sont de plus en plus accusateurs envers le candidat républicain, à mesure que la campagne avance et certains journalistes n’hésitent plus à parler d’une «candidature raciste», poursuit le magazine français. Alors qu’un Ted Cruz, par exemple, se légitime par la Constitution:

«Au sein de la rédaction du Washington Post, la couverture médiatique de la campagne de Trump a été au cœur de nombreux débats animés»: «La direction encourage désormais les journalistes à comparer les propos et propositions de Donald Trump à celles d’autres personnages historiques. Une méthode expliquée dans un article publié sur le site du WP par un des rédacteurs en chef du pôle politique du quotidien américain, Dan Balz

Mais «rien dans la politique moderne n’est comparable à la rhétorique du candidat Trump. Il n’y a pas d’analogies parfaites. Il faut remonter à plusieurs décennies pour trouver des échos, bien qu’imparfaits, à ses propos: ceux du gouverneur populiste et raciste de l’Alabama George Wallace en 1968 et 1972, ainsi que les diatribes antisémites du pasteur Charles Coughlin dans les années 30.»

«Bon pour les affaires» des médias

Un autre problème, c’est qu’un Trump, c’est très «bon pour les affaires» des médias – «Damn Good for CBS», lit-on dans le Hollywood Reporter – selon le patron de CBS cité par Arrêt sur images: «Interrogé sur le «phénomène» […] lors d’une conférence à San Francisco, Leslie Moonves» l’a reconnu. «Voilà qui a le mérite d’être clair.» «Sérieusement, dit Moonves, qui aurait pu espérer la campagne que nous avons actuellement? […] C’est terrible à dire, mais continue Donald, continue!» a-t-il ajouté à la veille du Super Tuesday.

D’excellentes audiences sont en effet «réalisées par les chaînes américaines depuis l’entrée en lice de Trump, qui électrise la campagne républicaine. Mais il y a aussi et surtout les campagnes publicitaires anti-Trump, lancées par ses adversaires depuis plusieurs mois. «Ainsi, dans l’Iowa, les candidats ont dépensé plus de 70 millions de dollars d’espace publicitaire sur les ondes», rappelle RTL. «Ils ne discutent pas des problèmes, mais ils se jettent des bombes», conclut Moonves.

Des bombes dont on espère qu’elles n’éclateront pas à la figure des Etats-Unis. Car «à quoi ressemblerait l’Amérique version Donald Trump?» se demande France Télévisions. En réalité, «nombre de ses propositions semblent impossibles à mettre en œuvre, même s’il parvenait à s’installer dans le Bureau ovale».

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