Après l’affaire Volkswagen, l’affaire Samsung? En fin de semaine dernière, plusieurs éléments concouraient pour faire du conglomérat sud-coréen la prochaine cible sur la liste des entreprises tricheuses. Si l’affaire devait se révéler exacte – et pour l’heure le doute doit bénéficier à Samsung –, il s’agirait d’un scandale majeur dans l’industrie high-tech. À condition que les organisations de défense des consommateurs ne lâchent pas l’affaire.
Révélée la semaine passée par The Guardian, le scandale en devenir trouve son origine dans les tests effectués par un laboratoire indépendant financé par l’Union européenne, CompliantTV. Celui-ci a constaté que les téléviseurs testés se comportaient différemment lors des analyses effectuées en laboratoire. Les appareils de Samsung seraient ainsi capables, comme les Volkswagen diesel, de détecter quand ils sont soumis à des tests. La technologie «motion lightning», qui diminue la luminosité de l’écran est montrée du doigt, car elle s’est activée durant ces tests. Certes, a répondu Samsung, mais le téléviseur ne fait que s’adapter aux conditions de luminosité de la pièce.
Difficile de trancher pour l’heure. Un point troublant est venu des autorités suédoises, selon lesquelles certains téléviseurs reconnaissent le film traditionnellement utilisé par les autorités européennes pour tester l’efficience énergétique. Bruxelles a annoncé vouloir enquêter. Il faudra scruter de près ce marché, que Samsung domine avec près de 29% des parts.

Anouch Seydtaghia

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