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Le conseiller d’Etat vaudois Pierre-Yves Maillard, gauche, et le conseiller d’Etat vaudois, Pascal Broulis, droite, parlent lors d’une conférence de presse sur la RIE III, ce mercredi 3 février 2016 à Lausanne.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Editorial

Des arguties contre la créativité politique

La RIE III est une belle démonstration de la collaboration politique qui permet au gouvernement vaudois d'aborder des projets ambitieux. S’il est sain que cette réforme suscite le débat, il est regrettable de voir que ses opposants ont choisi l’opposition procédurière comme cheval de bataille. Triste réponse à un travail politique innovant

Le canton de Vaud fait envie à ses voisins. Il cajole de grands projets, grâce à sa marge de manœuvre financière retrouvée et son climat politique apaisé. Parmi les facteurs qui expliquent cette situation privilégiée il y a l’entente entre la droite et la gauche qu’incarnent, au sommet de l’État, Pascal Broulis et Pierre-Yves Maillard.

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Leur collaboration n’est pas seulement pragmatique, raisonnable, elle fait surtout preuve de créativité. Le projet cantonal de nouvelle imposition des entreprises, la RIE III à la vaudoise, en est le meilleur exemple. Ni l’argentier PLR, qui passe pour pingre, ni le ténor socialiste, peu enclin aux cadeaux fiscaux, n’étaient demandeurs de cette nouvelle donne, qui leur a été imposée. Mais le canton saisit l’occasion pour en tirer un accord où chaque camp politique peut se retrouver.

D’un côté, le canton planifie des baisses fiscales. De l’autre, il augmente les subsides pour les familles, l’accueil de jour, les assurés. Moins d’impôt ici, plus de solidarité financière entre les communes là. Des pommes et des poires? Peut-être, mais c’est justement faire preuve de génie politique que de décloisonner les petites cases des affaires publiques pour aller de l’avant.

Précipité, ce pacte qui anticipe sur l’aboutissement de la réforme fiscale suisse? Il fallait au contraire de la rapidité pour conjuguer dans un même paquet les concessions fiscales et les avancées du socialisme à la vaudoise. Voilà qui secoue en tout cas les barrières politiques habituelles, bouscule les certitudes.

Cette RIE III à la vaudoise mérite bien sûr un débat démocratique. Celui-ci est indispensable pour permettre aux citoyens de soupeser comme à chaque fois le pour et le contre, entre les principes, les chiffres, les réalités d’aujourd’hui et les risques de demain. Il est sain que cet accord conçu et emballé au Château cantonal suscite des résistances. D’autant plus sain que la contestation est certainement difficile à exprimer face à une puissante machine conduite par l’État, les grands partis et les milieux économiques.

Les adversaires de la réforme ont malheureusement choisi, hier, la voie de l’opposition procédurière. D’une part, ils font recours contre la brochure de votation, sur pas moins de quatorze points, et demandent le report du scrutin. Ce sont des arguties, dont la pertinence est loin d’être évidente. De l’autre, ils justifient un deuxième tour d’élection pour la Municipalité de Lausanne pour en faire une tribune contre la réforme fiscale cantonale. C’est la sollicitation coûteuse et d’une légitimité douteuse d’électeurs lausannois qui viennent de s’exprimer très clairement. Quels arguments de perdants face au produit de la créativité politique!

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