Revue de presse

Assassinat de Sophie Le Tan: la famille réclame des décisions fortes

Les proches de la jeune Vietnamienne dont le corps démembré a été retrouvé dans une forêt alsacienne plus d’un an après sa disparition veulent que «justice soit faite» à l’égard d’un suspect qui se dit innocent. Retour sur une affaire douloureuse

Avec «des fleurs, des bougies» et «des offrandes» qu’a vues France Bleu Bas-Rhin, la famille de Sophie Le Tan a souhaité ce samedi que «justice soit faite» et que «le coupable paie pour son crime», après la découverte dans une forêt alsacienne du corps démembré de l’étudiante, qui avait disparu il y a un peu plus d’une année et qui a été retrouvé il y a une dizaine de jours. «Nous avons besoin de connaître toute la vérité et de retrouver le reste des ossements afin de pouvoir faire notre deuil», a notamment demandé une de ses cousines en lisant devant la presse un texte «au nom de la famille»:

Puis, raconte 20 minutes (France), «plus de 300 personnes sont venues se recueillir et témoigner de leur sympathie à la famille lors d’une cérémonie d’hommage​ organisée ce dimanche à la pagode vietnamienne Phô Hiên», à Strasbourg. Celle-ci «s’est déroulée en deux temps. Tout d’abord dans l’intimité où la famille, des réfugiés vietnamiens installés à Cernay (Haut-Rhin), a d’abord honoré ses ancêtres et ses défunts, parmi lesquels Sophie Le Tan. Dans un second temps, la pagode a été ouverte aux personnes souhaitant participer à un moment solidaire de recueillement en soutien», selon l’invitation publiée sur sa page Facebook par Icared, association qui avait organisé des battues citoyennes qui ont duré pendant des mois après la disparition de la jeune étudiante.

Mais que s’est-il passé? Etudiante sans histoire, Sophie Le Tan avait disparu le 7 septembre 2018, alors qu’elle allait visiter seule un appartement à Schiltigheim, en périphérie de Strasbourg. L’unique suspect, un homme de 59 ans qui avait posté l’annonce immobilière, avait été arrêté quelques jours plus tard, puis mis en examen pour enlèvement, séquestration et assassinat. Depuis, il répète avec force qu’il est innocent. L’enquête sera sans doute longue, puisqu’on avait ici affaire à «un squelette incomplet que les experts» ont dû faire parler, indique l’AFP.

«Où est la justice?»

La famille évoque le suspect sans la moindre présomption d’innocence, arguant de «preuves accablantes». «Nous voudrions que le coupable assume ses actes et paie pour son crime. Qu’il arrête de nier les faits […]. Ce monstre doit être enfermé à vie pour qu’il n’y ait plus jamais de victime innocente», dit-elle au Monde. Elle a également exprimé son «incompréhension vis-à-vis du processus judiciaire»: «Pendant que des familles souffrent, lui est nourri et logé.» Et d’ajouter: «Où est la justice?» dans cet ixième cas de violence faite aux femmes qui scandalise les réseaux sociaux:

Il faut dire aussi que le suspect a été «condamné pour deux viols en 2001 et acquitté au bénéfice du doute pour la disparition d’une femme dans les années 1980». On a retrouvé des «traces de sang de l’étudiante […] à son domicile» mais il affirme «qu’il aurait soigné la jeune femme, blessée à la main, avant qu’elle ne quitte son domicile». «Quelques jours après la disparition, cependant, le téléphone portable du suspect a été repéré «dans la forêt où le corps a été retrouvé». Fils de forestier, celui-ci connaissait bien ce massif pour s’y être promené régulièrement depuis son enfance.»

Pas de lien avec le suspect

Mais pour l’heure, la procureure de Strasbourg précise qu’aucun lien ne peut être établi entre l’homme, dont L’Express prétend que «l’étau se resserre» autour de lui, et cette sordide affaire dont on vous épargne les détails – avec des ossements éparpillés dans la forêt, mais identifiés comme étant bien ceux de Sophie Le Tan. Les avocats du suspect ont d’ailleurs voulu, en vain, «faire annuler la saisie de dizaines d’objets découverts» chez lui, dont une scie à métaux. Et pour compliquer le tout, des informations contradictoires circulent un peu partout sur le Net à propos de traces d’ADN de Sophie qui auraient été découvertes via plusieurs taches de sang.

Reste un sentiment de piétinement. Libération indique que «plusieurs experts se sont penchés sur la personnalité du suspect en détention provisoire. Un premier psychologue a conclu en mars que le mis en examen, «froid et détaché», est plutôt d’une intelligence supérieure à la moyenne et ne souffre d’aucun trouble mental. Si les faits étaient avérés, il estime que le passage à l’acte signifierait un «enkystement de la pulsion perverse» et la «mégalomanie narcissique» d’un homme dont des ex-compagnes auraient assuré qu’il vaut mieux ne pas lui résister au risque de violence et de sadisme.»…

Une contre-expertise réalisée en septembre évoque, elle, «une dangerosité criminologique exceptionnelle

Bref, après cette leçon de vocabulaire d’experts, voilà où l’on en est. C’est-à-dire pas très loin, quatorze mois après la disparition de Sophie. Et toute une région submergée d’une énorme émotion qui continue de hanter les rues du village alsacien où elle vivait. Mais aussi, comme hélas souvent dans ces cas-là, des réactions ignobles contre les communautés asiatiques qui vivent dans la région:

En attendant que se démêle l’écheveau du vrai et du faux dans cette affaire dont on sent qu’elle contient déjà tous les ingrédients de l’enlisement potentiel, la cérémonie de dimanche avait pour but «d’élever l’âme de Sophie vers le cosmos, pour qu’elle puisse quitter ce monde le plus sereinement possible»…


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