La vie à 25 ans

Les assistants virtuels, ces amis providentiels

OPINION. Les prévisions sont claires: bientôt, les logiciels intelligents régiront nos quotidiens et seront même capables de décrypter nos émotions. Au lieu de craindre une invasion virtuelle, réjouissons-nous plutôt de l'arrivée de ces futurs compagnons fidèles, argumente notre chroniqueuse

«Est-ce qu’il fera beau aujourd’hui?» je demanderai depuis mon lit, la bouche encore pâteuse. «Oui, 23 °C, mais une veste est préférable. Puis-je enclencher la bouilloire pour le thé?» Cette voix, féminine et à peine saccadée, sera la première que j’entendrai un jour au réveil. Elle répondra au doux nom d’Alexa. Ou de Cortana. Et à mes demandes les plus extravagantes.

C’est une question de deux, trois ans maximum: les assistants personnels, dit-on, nous accompagneront bientôt du premier étirement au dernier bâillement, du volant au divan. Une vision d’un futur sur-connecté qui a tendance à troubler. Eh bien, pas moi. Ces conquistadors virtuels ne m’effraient pas. Au contraire, je les accueille à bras ouverts.

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Fascinant poivrier

Parce qu’ils sont tout bonnement fascinants. Un peu comme j’imagine la perplexité des téléspectateurs devant leur premier écran cathodique, je me retrouve, moi, digital native, éberluée à mon tour: dire qu’il a suffi d’une série de codes pour insuffler un esprit éveillé dans une sorte de poivrier… Le génie d’Aladdin n’a qu’à bien se tenir.

Un poivrier qui, en plus de gérer mes calendriers, pourra bientôt décoder mes moindres états d’âme: en début d’année, Huawei annonçait travailler sur un assistant capable de réagir aux nuances de la voix, et donc aux émotions. Algorithmes et sentiments, l’équation affole: et si ces machines remplaçaient les rapports humains? Et si on finissait par tomber amoureux d’elles, comme Joaquin Phoenix dans ce film déprimant, Her?

Fidèle et pas susceptible

Peu de chance. Déjà parce qu’elles n’auront jamais la sensualité de Scarlett Johansson. Et qu’on se le dise, enlacer un cylindre, c’est franchement moyen. Non, au lieu de penser scénario catastrophe, songez plutôt aux formidables avantages: vous semblez fatigué? Nestor 4.0 vous proposera un trajet en Uber. Vous semblez déprimé? Il lancera une playlist de chansons tristes. Besoin de vider votre sac? Il est le seul qui vous écoutera sans broncher et, même, blaguera pour détendre l’atmosphère.

L’assistant digital sera ce compagnon utile, fidèle et pas susceptible pour un sou, à une époque où personne n’a plus le temps d’écouter nos complaintes ou de répondre à nos questions les plus futiles («Siri, combien de millilitres d’eau dans une piscine olympique?»). Il ne remplacera pas, il complétera. Confident virtuel au répondant bien réel.

A une condition: qu’il ne trahisse jamais. Que cet e-ami ne s’avise pas de faire, à l’image de Spotify, de mes humeurs des données marketing. Qu’il ne me livre pas à la merci du big data. Alors, entendu, Alexa? Motus et bot cousu.


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