Voici une leçon que la psychanalyse aurait dû nous apprendre. C’est parfois lorsque le patient tient des propos qui paraissent insignifiants que le thérapeute entrevoit les fêlures de son âme. Il n’est jamais de conversation inutile, et nous sommes en train de le découvrir à nos dépens.

Longtemps, nous couchant de bonne heure, nous soupirions d’avoir croisé tel ou tel importun de nos connaissances à midi, au café du coin. Quel ennui. Nous avions eu le sentiment de perdre notre temps à tailler le bout de gras avec le boucher, à deviser deux mots dans la rue avec une femme nous hélant, sans parvenir à nous rappeler qui elle était exactement.