Opinion
AbonnéOPINION. La diversité est-elle une revendication et une construction sociale et politique? Ou bien résulte-t-elle d’attributs assignés à la naissance et d’héritages? interroge Marie-Laure Salles, directrice de l’Institut de hautes études internationales et du développement
La diversité est un concept complexe. On peut l’utiliser au nom de la justice et de l’équité, ou pour justifier les inégalités. Elle peut libérer des formes légitimes d’affirmation de soi, comme elle peut imposer ou renforcer les carcans essentialistes d’identités qui deviennent alors «meurtrières», pour utiliser le terme d’Amin Maalouf. La diversité est-elle une revendication et une construction sociale et politique? Ou bien résulte-t-elle d’attributs assignés à la naissance et d’héritages? En d’autres termes, la diversité nous constitue-t-elle en tant que personnes, ou bien l’affirmons-nous comme expression de notre liberté individuelle? La tension conceptuelle est palpable et elle révèle une problématique politique plus cruciale encore.