Sports d'hiver

Au-delà de la neige

Les diverses pistes auxquelles pensent les stations de ski pour se renouveler sont trop superficielles. Une réflexion plus globale doit être envisagée. Tôt ou tard, les changements climatiques l’imposeront

A peine les premiers flocons tombés, les rouages des télésièges huilés, les canons à neige branchés et les porte-skis installés, la voilà qui resurgit. Cette question est devenue une rengaine. A force d’être répétée, elle en est inquiétante. Quel est l’avenir des remontées mécaniques suisses?

Si l’interrogation revient, c’est parce qu’il a fallu constater qu’aujourd’hui on ne skie plus comme avant. Non seulement en dix ans, 30% de la clientèle des stations valaisannes s’est évaporée vers d’autres loisirs que ceux offerts par les pistes damées. Mais, en plus, depuis la création des premières stations de ski dans les années 1950, la rentabilité des remontées mécaniques n’a guère évolué. Elle reste désespérément faible, voire inexistante.

Puis, aujourd’hui, plus visible, le manque de neige. Le symptôme, de plus en plus flagrant, du plus grand défi qui se présente à l’industrie du ski: le réchauffement climatique.

C’est une évidence, l’heure est à la remise en question. Sans doute est-ce l’énigme la plus complexe et la plus durable que les stations aient jamais dû affronter. Car jusqu’à présent, elles suivaient une logique simple: trouver au jour le jour une solution aux problèmes.

Lire aussi l'article lié: Trois pistes pour les stations de ski

Leur genèse s’inscrit dans une réplique donnée à la pente et à la gravité. Les remontées mécaniques allaient permettre aux amateurs de voir la pente sous un angle uniquement ludique. Ensuite, la logique s’est poursuivie. Il y a trop de sapins? On les coupe! Il n’y a pas assez de place? On coupe un peu plus de sapins! Il manque de la neige ici et là? On en crée! Vous voulez des fêtes aux sommets? On en organise!

Malgré ces efforts, la magie de l’hiver n’opère plus. Les stations doivent se réinventer. Elles doivent profiter de la pression citoyenne pour la préservation de l’environnement pour, cette fois-ci enfin, anticiper.

Lire également: Les remonte-pentes ne rapportent rien

Les trois tendances que nous donnons dans nos pages se présentent comme des pistes de réflexion. Modifier la façon de facturer les journées de ski en s’inspirant du modèle EasyJet. Adopter une formule «all inclusive» à l’image de stations gargantuesque telles qu’on en trouve en Amérique du Nord ou en Autriche. Ou s’adapter à la mode de la randonnée à skis. Ce sont des exemples intéressants, mais ils demeurent cosmétiques en vue des changements de fond qui s’imposent.

Lire enfin: Le ski suisse a besoin de nouveaux skieurs

En réalité, ils ne répondent pas au problème. Emplâtres sur une jambe de bois, ils ne sont que la preuve que l’ensemble des acteurs du milieu se voile la face. Encore aveuglée par une logique commerciale dévorante, l’industrie du ski figure parmi les branches les plus exposées au changement climatique. Paradoxalement, les gestes esquissés dans le secteur en matière d’écologie restent très discrets. Un virage capital a été ignoré. Il est grand temps de le prendre en considération et de revoir en profondeur l’offre des stations et la relation entre l’homme et la montagne.

Publicité