Incidences

«Aux côtés et vis-à-vis de l’UE»: les contorsions de la diplomatie suisse

OPINION. La Suisse ne considère plus qu’elle est exposée solidairement aux mêmes risques sécuritaires que ses voisins, écrit notre chroniqueur François Nordmann, alors que se tient la conférence annuelle des ambassadeurs

Le conseiller fédéral Ignazio Cassis a récemment comparé la conférence des ambassadeurs, qui s’est ouverte hier à Berne, au congrès d’un parti politique – un événement récurrent, parfois animé, souvent ennuyeux, qui permet de fixer la ligne mais qui ne remet pas en cause la pérennité de la direction. Heureusement pour le chef du DFAE, ses collaborateurs ne sont pas appelés à se prononcer sur sa réélection… Les pannes de l’été – affaires Pilatus et Philip Morris – dénotent un manque de sensibilité politique que l’on ne peut guère imputer aux fonctionnaires. Elles ont quelque peu occulté le rapport sur la «Vision de la politique étrangère 2028» publié le 2 juillet dernier.

Pourtant, le DFAE joue son rôle dans un contexte mondial de plus en plus dangereux. Il n’est pas resté inerte dans la crise du Golfe, agissant en toute discrétion, ce qui l’empêche de revendiquer les quelques succès remportés par sa politique de bons offices, même au Venezuela où il ne dispose que d’un demi-mandat. A part l’évolution inquiétante de la situation mondiale, sur laquelle ni les politiques ni les diplomates ne se prononcent publiquement, trois sujets préoccupent ces derniers: les risques d’une spirale négative dans les relations entre l’UE et la Suisse, la réforme de la DDC et la Stratégie de politique extérieure 2020-2023, qui devrait mettre en œuvre certains des postulats contenus dans la «Vision 2028».