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«Avengers» l’union est la force

Mercredi prochain, les studios Marvel lancent à l’assaut du box-office le film le plus cher de l’histoire du cinéma: «Avengers: Endgame». Mais pourquoi les films de super-héros sont-ils si populaires?

Entre 1871 et 1893, Zola écrit 20 romans qu’il regroupe sous l’appellation générique des Rougon-Macquart, à savoir un grand cycle se présentant, selon ses mots, comme l’«histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire». Ce grand œuvre en rappelle un autre, plus imposant encore: les 90 ouvrages rédigés par Balzac à partir de 1829 et jusqu’à sa mort en 1850, et qui constituent, tout style et format confondus, La comédie humaine. Au XIXe siècle, la notion d’univers étendu était inconnue. Et pourtant, c’est de cela qu’il s’agissait dans les entreprises littéraires d’Emile et d’Honoré.

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Nous voici au XXIe siècle, à la veille de la sortie d’une superproduction racontant comment une super-équipe de super-héros aux superpouvoirs va tenter de contrecarrer les plans d’un super-méchant. Avengers: Endgame, qui serait le film le plus cher de l’histoire du cinéma, va clore le premier cycle d’un univers étendu qui domine depuis une décennie la culture pop: le Marvel Cinematic Universe, dont il est l’opus n° 22.

Thanos et la menace climatique

Mais pourquoi, sur tous les continents, dans toutes les cultures, des spectateurs se déplacent en masse pour voir des personnages numériquement retouchés se battant devant des décors numériquement générés? Franchement, je serai incapable de vous l’expliquer. A peine pourrais-je avancer que peut-être, c’est parce qu’on y trouve des histoires qui nous parlent, car devant autant à la tragédie grecque qu’à Shakespeare, renvoyant tant à Homère qu’aux mythologies égyptienne ou nordique. L’équipe des Avengers, qui regroupe tout ce que les studios Marvel comptent de super-héros, repose sur un principe simple: l’union fait la force. Leur ennemi: Thanos, qui a une idée très simple. Si la terre est surpeuplée et ses ressources menacées, pourquoi ne pas tout simplement éliminer la moitié de l’humanité?

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Mais voilà donc pourquoi l’univers Marvel séduit tant de gens: Thanos ne serait-il pas une métaphore de la menace climatique? Et par un effet de miroir, les Avengers symboliseraient alors la nécessité de passer outre ses divergences idéologiques pour s’unir. Hulk, ce type qui devient tout vert lorsqu’il est vénère, ne pourrait-il pas être Trump, ce président faisant lui aussi n’importe quoi quand il est contrarié? Et Captain America, héros élégant venu d’un autre temps, ne représenterait-il pas Macron, ce chef d’Etat parfois déconnecté de la réalité? Thor serait alors Poutine, qui aime se prendre pour un dieu, tandis que Captain Marvel renverrait à Merkel et son idéal européen. Mais tout cela est fort malheureusement de la fiction: dans la vraie vie, pas d’Avengers, que des dissensions et des manœuvres à des fins personnelles.


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