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Le travail, c’est le salaire!

Prof. Roland J. Campiche, Saint-Légier-La Chiésaz (VD)

«Autrefois, on disait le travail, c’est la santé! L’article d’Emmanuel Garessus intitulé «Les Romands travaillent moins à la retraite que les Alémaniques», dans Le Temps du 28 avril 2021 et relatant l’étude réalisée par Swiss Life est extrêmement éclairant. Ainsi, seuls les retraités exerçant une activité rémunérée travailleraient-ils? Associer travail et salaire est donc la conception dominante. On est déjà assez loin de la définition qu’on peut lire dans Le Petit Robert: «Ensemble des activités humaines coordonnées en vue de produire… ce qui est utile.»

Lire l’article: Les Romands travaillent moins souvent à la retraite que les Alémaniques

Que les agriculteurs, les architectes, les artistes, les cadres de direction… continuent à exercer leur métier au-delà de l’âge de la retraite en étant payés n’a rien d’inattendu. Mais les juristes ou les banquiers retraités qui se mettent au service d’une ONG ou d’un service social bénévolement, les acteurs ou les visiteurs qui se rendent régulièrement dans un EMS pour y exercer une activité d’animation, les grands-parents qui chaque jour prennent en charge leurs petits-enfants – l’OFS évaluait en 2016 l’économie ainsi réalisée à plus de 8 milliards –, les chercheurs qui poursuivent leurs travaux en payant eux-mêmes les frais induits, ils se tournent les pouces?

C’est très dommage que l’enquête de Swiss Life les ait ignoré-es, car on induit ainsi l’idée ou plutôt le stéréotype que, passé le Rubicon de la retraite, l’utilité sociétale de l’individu se dissout.

Les conséquences sont immédiates. Le regard posé fréquemment sur les «vieux» durant la pandémie en est une illustration. Les réticences à fournir aux seniors les moyens de suivre une formation adaptée à leurs besoins en est une autre. Voir le travail avant tout comme un service à la collectivité demeure un atout pour la vie en société.»


La Cité de la musique, un projet du XXIe siècle indispensable à Genève

Olivier Peitrequin, Gingins (VD)

«J’ai récemment relu les divers articles que Le Temps a publiés sur la future Cité de la musique à Genève. Ce projet a fait l’objet d’un référendum et le peuple se prononcera le 13 juin prochain. Que voit-on? Quels sont les enjeux?

Sur ce sujet relire: Cumul d’oppositions contre la Cité de la musique à Genève
et Les partisans de la Cité de la musique contre-attaquent

Actuellement, une belle propriété du XIXe siècle avec une jolie maison entourée d’une riche arborisation. Pour la petite histoire, celle-ci a abrité en son temps le compositeur russe Scriabine.

Dans le futur, si le projet se concrétise, prendra place une Cité de la musique comprenant entre autres une salle de concert moderne, digne d’un orchestre mondialement reconnu, l’OSR, et le siège de la Haute Ecole de musique (HEM). Le Victoria Hall, malgré son excellente acoustique, n’est pas adapté à la taille d’un orchestre symphonique et la HEM est à l’étroit dans des locaux dispersés.

Un projet nécessaire à une métropole dont l’attractivité dépasse largement les frontières de la ville

Quoi qu’en disent les opposants, c’est un projet du XXIe siècle nécessaire à une métropole comme Genève, dont l’attractivité dépasse largement les frontières de la ville. On le qualifie d'«élitiste». La HEM est-elle élitiste? La disparition de la villa ne peut être opposée à un tel programme, ambitieux et novateur. Quant aux arbres appelés à disparaître, de nouvelles plantations pourront certainement voir le jour sur un autre site.

Cerise sur le gâteau, l’investissement important de 300 millions de francs est assuré par des fonds privés – bienheureuse la cité pouvant accueillir un tel potentiel de mécénat… Les coûts d’exploitation seront à la charge de la collectivité. A elle de s’assurer qu’ils seront contenus.»


Deux fois non!

Francis Egger, vice-directeur de l’USP, l’Union suisse des paysans

«Extrêmes. Ce mot résume à lui seul les initiatives «Eau propre» et «Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse» sur lesquelles nous voterons le 13 juin. Les raisons du rejet catégorique par le monde agricole sont trop souvent éludées dans les médias dont certains préfèrent faire écho aux allégations anxiogènes des initiants.

Pour en savoir plus: un reportage, Dans les bottes d’un paysan
Et une analyse avec un rappel historique: Les pesticides divisent les paysans suisses

Ces deux initiatives se focalisent en très grande partie sur la production agricole avec des exigences disproportionnées et inapplicables. Le fait de ne tolérer que des fourrages de l’exploitation démontre à quel point l’initiative «Eau propre» est disproportionnée. Certaines exploitations, les plus intensives, se détourneraient alors des paiements directs, ce qui ne profitera ni à une meilleure protection de notre environnement, ni à notre eau potable déjà d’excellente qualité. De plus, il n’existe pas d’unité de matière entre ces deux initiatives et on pourrait se retrouver, en cas de vote favorable, confronté à une mise en application sous une forme légale très aléatoire, ne donnant satisfaction à personne et qui nous rappellerait des concrétisations récentes d’initiatives.

Avec les efforts déjà accomplis et encore à entreprendre, l’agriculture est consciente des attentes sociétales. Dans ce sens, le parlement a accepté le 21 mars dernier de concrétiser une initiative parlementaire en modifiant trois lois: la loi sur les produits chimiques, la loi sur l’agriculture et la loi sur la protection des eaux. Le Conseil fédéral va mettre en consultation les ordonnances d’application durant l’été et le tout entrera en vigueur au début de 2023. Ces adaptations ont l’avantage par rapport aux initiatives de ne pas se limiter qu’au secteur agricole, d’intégrer l’ensemble des produits phytosanitaires, pas seulement les produits phytosanitaires de synthèse, mais aussi les pesticides admis en bio. Contrairement aux deux initiatives qui se limitent à la mise en place de contraintes de production, cette nouvelle législation sur les pesticides fixe par ailleurs des objectifs à atteindre précis, au niveau des pertes des éléments fertilisants et des risques dans le cadre de l’utilisation de produits phytosanitaires. La concrétisation des nouvelles dispositions constituera un énorme défi, non seulement pour le secteur de la production agricole, mais aussi pour tout le secteur agroalimentaire. La Suisse aura par ces adaptations légales la législation sur les pesticides la plus stricte d’Europe.

L’agriculture prend donc ses responsabilités pour la préservation de nos ressources tout en garantissant un approvisionnement suffisant de la population, à l’heure où presque la moitié du contenu de nos assiettes dépend déjà des importations. Autant de raisons pour voter deux fois non le 13 juin.»


La loi CO2 pour les sceptiques

Pr. Dr Hubert Kirrmann, Im Rüteli (AG)

«La loi CO2 sert à réduire la consommation de combustibles fossiles.

1) Même ceux qui nient que le réchauffement climatique soit dû au CO2 doivent admettre que les combustibles fossiles s’épuisent. Tous les grands champs pétrolifères ont déjà dépassé leur maximum. Pour le transport aérien et maritime, pour l’industrie (métallurgie, ciment, chimie…), il n’y a pas de substitut aux énergies fossiles dans un avenir proche. La loi CO2 contribue à préserver ces ressources.

2) Ceux qui défendent l’indépendance de la Suisse doivent admettre qu’une grande partie du pétrole et du gaz naturel proviennent de pays belligérants qui pourraient mettre la Suisse sous pression. La loi CO2 réduit cette dépendance.

3) Ceux qui refusent les subventions doivent admettre que la Suisse subventionne les combustibles fossiles (indemnités de pendulaire, carburant d’aviation, tracteurs, etc.) plus que toutes autres sources d’énergie. La loi CO2 permet d’économiser des subventions pour les sources d’énergie nationales.

Sur ce sujet, lire: Sur la révision de la loi CO2, des camps économiques loin d’être homogènes
et Loi sur le CO2: la Suisse se met au chevet du climat

4) Ceux qui estiment que la taxe sur le CO2 est trop élevée doivent admettre qu’elle ne dépassera pas 0,12 franc par litre. En plus, la loi CO2 exige que les nouvelles voitures consomment moins, de sorte que la voiture sera moins chère qu’aujourd’hui.

5) Ceux qui se moquent encore de l’énergie solaire et éolienne doivent admettre que la loi CO2 renforce l’énergie hydraulique et nucléaire dans leur concurrence avec les coûteuses centrales électriques au gaz. Car les énergies renouvelables ne pourront pas remplacer les centrales nucléaires en temps utile, et l’électricité des véhicules et des pompes à chaleur doit provenir de quelque part. On ne peut pas compter sur nos voisins, même si l’accord-cadre venait à être signé.

6) Ceux qui misent sur la capture et la séquestration du CO2 devraient admettre que pour chaque kilo de combustible importé, quelque 2,5 kg de CO2 doivent être éliminés. Trouver un dépôt pour les déchets radioactifs est un jeu d’enfant comparé à l’enfouissement de millions de tonnes de CO2 chaque année. La loi CO2 réduit un peu la difficulté.»


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