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Sur Pierre Maudet (1): Il fallait oser!

Raymond Joly, Genève

Alors que Pierre Maudet vient d’être condamné par le Tribunal de police. Qu’il a sciemment menti, tant aux autorités qu’aux citoyens sur son voyage à Abu Dhabi. Qu’il a fortement détérioré le travail collégial au sein du Conseil d’Etat, et donné une image lamentable de la gouvernance de Genève. Qu’au sein de son dernier dicastère il a outrepassé les bornes en maltraitant ses collaborateurs, avant de démissionner, et que l’on attend prochainement le rapport de l’audit du juge Fonjallaz. Pierre Maudet se représente au Conseil d’Etat, sous le label: «Justice et liberté», deux termes qu’il a bafoués! Et cela sans ironie aucune!

Relire: La stratégie de la vérité relative propre à Pierre Maudet

Et pour glaner quelques soutiens, opportuniste jusqu’au bout, il n’hésite pas à surfer sur la vague covid, pour, dit-il, sauver les petits entrepreneurs. Que l’on ne s’y trompe pas, gageons que s’il était resté chargé de l’Economie, nul doute qu’il aurait joué ce mauvais film de «Pierre le sauveur». Enfin, est-ce que le citoyen lambda, avec un tel casier judiciaire et de telles fautes professionnelles, conserverait sa place de travail? Et trouverait-il un autre emploi?


Sur Pierre Maudet (2): Le jour de la marmotte

Nadège Perdrizat, Genève

Les cinéphiles se souviendront avec nostalgie de ce film avec Bill Murray où le personnage principal revivait indéfiniment la même journée célébrant la marmotte dans un petit coin d’Amérique.

Depuis la crise covid, Genève est également bloqué dans une éternelle boucle temporelle. Celle où son conseil d’Etat est incapable de présenter un plan de sortie qui tient la route, ni de fournir à la population un calendrier pour se projeter. De fermetures en fermetures, de communications floues en communications incohérentes, la population a l’impression de revivre tous les jours le même cauchemar éveillé. Les restaurateurs, les patrons de fitness, les artistes sont forcés de patienter sans avoir ne serait-ce qu’une date espérée de reprise. De la part de nos élus, c’est scandaleux quand on connaît le montant de leur rémunération et quand on sait que la peur du lendemain ne viendra jamais leur dévorer les entrailles.

Le film se terminait en happy end; faisons en sorte le 7 mars de réveiller un Conseil d’Etat qui se complaît dans le rôle de la marmotte en lui mettant dans les pattes la seule personne susceptible de le secouer et d’agir: le conseiller d’Etat qu’ils ont dépouillé.


Sur la dette à Genève

Evan Schleret, Genève

Aujourd’hui, vive la dette; demain, on stabilisera; et après-demain, on arrivera miraculeusement à un niveau de dépenses inférieur à celui des recettes fiscales. Ou quand la pensée magique revient à laisser de côté toutes ses promesses libérales.

C’est, en effet, dans un article d’opinion récent que la ministre des Finances a procédé à un total retournement, tentant de justifier, par le covid, la dette colossale qui ne cesse d’augmenter. Immédiatement adoubée par le président du PS qui a tout de même pris la peine de nuancer la conclusion de la ministre: «N’étant pas totalement d’accord avec le retour à l’équilibre.»

Relire: Scandaleuse, la dette genevoise, vraiment?

Ainsi, l’élue PLR a osé. D’aucuns diront qu’elle a le courage de dépasser les dogmes. Certes, mais c’est un peu court. Car de vision, il n’en est pas question. Si les investissements sont évoqués, elle est incapable de dire lesquels. Quand on sait que les grands projets d’infrastructures sont en attente depuis des lustres, tout comme la grande réforme de l’Etat qui permettrait de résorber une partie de la dette, on est interloqué.

Mme Fontanet, en électeur libéral que je suis, à mon tour d’égrainer une pensée, à défaut de compter avec vous: aujourd’hui, vous êtes élue; demain, peut-être pas…


Les «bons vieux Suisses» et les terrasses

Jean Martin, Echandens (VD)

Bien inhabituel dans ce pays d’amour des lois (en général, nos compatriotes peuvent reprendre sans difficulté cette formule de l’Hymne vaudois): dans les derniers jours de février, plusieurs gouvernements cantonaux entrent carrément dans l’illégalité en laissant ouvertes les terrasses des restaurants d’altitude.

Relire: La guerre des terrasses blanches s’achève dimanche

Même pour qui juge que la tolérance est une vertu, cela interpelle – et c’est un euphémisme (j’ai eu l’occasion abondamment, au cours de ma carrière, de connaître le côté hypersérieux, gründlich à tous crins, de nos compatriotes). La stupéfaction suivante, c’est de constater que c’est le fait en particulier des Waldstätten… On n’en croit pas ses oreilles.

Et si c’était des cantons romands…

Bon, après s’être donné des frissons en désobéissant au gouvernement fédéral, nos «chers et fidèles Confédérés» ont réalisé qu’ils poussaient le bouchon trop loin, dans un éclat populiste indéfendable, et sont rentrés dans le rang. Fin de l’épisode (jusqu’au suivant?). Une question intéressante toutefois: imaginer ce qui se serait passé si c’était des cantons romands qui, ainsi, avaient foulé aux pieds le cadre constitutionnel et légal, qui s’étaient fichus, de manière assumée, de la figure du Conseil fédéral. La distinguée (et la moins distinguée) presse alémanique s’en serait donné à cœur joie: avalanche de critiques acérées sur de mauvais citoyens, perdus d’honneur (comme on disait dans le passé), appel à la mise sous tutelle de la partie francophone du pays, et j’en passe… On aurait vu et entendu quelque chose.


Obésité: il est urgent d’agir!

Corina Wirth, directrice de Santé publique suisse

Merci beaucoup de ce témoignage courageux.

Relire: «Ce sont les régimes qui m’ont amenée à l’obésité»

L’obésité est une maladie chronique, reconnue par l’OMS mais souvent encore méconnue en Suisse. Que le médecin conseille tout juste de «perdre quelques kilos» à une femme qui pèse 109 kilos illustre bien à quel point nous sommes encore loin d’un traitement adapté et efficace en Suisse! Il existe des programmes multiprofessionnels pour les enfants et adolescents obèses, et il est urgent de développer des programmes analogues pour les patients adultes souffrant d’obésité. Une formation plus approfondie dans ce domaine pour les professionnels de la santé serait également souhaitable.

Vu que 13% de la population suisse souffre d’obésité et que l’obésité est – outre l’âge – le facteur de risque le plus important pour une évolution grave de Covid-19 et qui peut également entraîner le diabète et des maladies cardiovasculaires, il est vraiment urgent d’agir!


Antisémitisme

Diana Krief, Genève

Madame Nadia Sikorsky a écrit un long article dans son blog sur Le Temps évoquant la sortie du rapport annuel sur l’antisémitisme en Suisse et commentant le phénomène ignoble auquel sont confrontés nos concitoyens de confession juive.

Lire le post du blog «L’accent russe»: «Mort aux juifs…»

Nombre de commentaires ont soutenu ses propos et se sont attristés de cette situation. En revanche, d’autres réactions ont immédiatement invité à la politique israélienne pour expliquer ou justifier l’antisémitisme. Quelle indigence intellectuelle, quelle injustice faite à ces citoyens suisses. En quoi la politique d’Israël les concerne-t-elle? Ont-ils une implication quelconque dans les décisions d’un Etat souverain? Votent-ils? Alors pourquoi systématiquement cet amalgame? Imaginerait-on commettre des actes délictueux à l’encontre des Suisses catholiques parce que l’on aurait des griefs vis-à-vis de la politique du Vatican?

Une autre réaction à ce message

Natascha Tartakovsky, Genève

La presse a largement relayé la sortie du rapport sur l’antisémitisme de la Cicad et c’est avec effroi et consternation que je découvre l’ampleur que prend ce phénomène. Comme le souligne Nadia Sikorsky dans son blog dans Le Temps, la sécurité des juifs est une responsabilité d’Etat. La sécurité des juifs passe tout d’abord par la sensibilisation des jeunes à la haine, au racisme, à l’antisémitisme et aux dangers qu’ils représentent pour l’équilibre et l’harmonie de notre société. Cela passe naturellement par la pédagogie dans les écoles et les débats publics télévisés. Même dans notre petite Suisse de bon sens et de proximité, nous ne pourrons pas faire l’économie de nous confronter avec réalisme et implication au problème.


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