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Un appel à déconfiner les personnes vaccinées

Claude-Alain Gonthier, Anniviers (VS)

On lit, on entend qu’il serait discriminatoire d’alléger, pour les personnes vaccinées, les contraintes imposées à la population pour lutter contre les effets du Covid-19. Ces réactions me surprennent. La discrimination, c’est un traitement défavorable, qui repose sur une base illégitime et qui est dépourvu de toute justification objective (Amnesty.ch). Pour déterminer s’il est discriminatoire de traiter différemment les personnes vaccinées de celles qui ne le sont pas, il faut examiner le motif des restrictions qui sont apportées aux libertés fondamentales du fait de l’épidémie. Ces restrictions sont motivées par la nécessité d’éviter un engorgement du système hospitalier qui conduirait à sélectionner les bénéficiaires et les exclus de soins hospitaliers, ce que personne n’accepterait.

Lire aussi: «Passeport covid», un accouchement dans l’urgence

Au stade actuel des connaissances, il n’est pas établi que la vaccination empêche les personnes vaccinées de transmettre le virus; il est donc normal qu’elles restent tenues, comme le reste de la population, au port du masque et au respect des gestes barrières. Par contre, il est établi scientifiquement que les personnes vaccinées sont protégées contre la maladie, ou à tout le moins contre les formes virulentes de la maladie; elles ne sont donc plus susceptibles d’engorger le système hospitalier. Il n’y a plus aucune justification objective à leur interdire d’aller et venir, de se réunir, de s’embrasser, de danser, d’assister à des spectacles, de se rendre au restaurant. A long terme, la vaccination étant ouverte à tous gratuitement, les personnes qui ne seront pas vaccinées le seront de leur propre fait parce qu’elles refusent de faire confiance aux autorités qui ont délivré les autorisations de mise sur le marché des vaccins. Il me semble dès lors exclu que les personnes non vaccinées puissent se prétendre victimes de discrimination.


Le printemps valaisan, vraiment?

Annick Clerc Bérod, membre du Centre Gauche-PCS Valais romand, Grimisuat (VS)

J’ai un très grand plaisir à lire votre journal de grande qualité. Je me permets cependant de réagir suite aux élections au Conseil d’Etat valaisan. Le lundi 29 mars 2021, M. Baur signe un article sur ce qu’il estime être un renouveau valaisan post-élection au Conseil d’Etat. Il ose même le qualifier de printemps valaisan, sur le simple fait que le PDC a perdu sa majorité au gouvernement. Force est de constater qu’un membre d’un parti populiste et ultra-conservateur a remplacé un membre d’un parti conservateur et qu’aucune femme ne figurera sur la nouvelle photo officielle. Bravo pour l’amélioration. Quel bond en arrière! Le gouvernement cantonal apparaît aussi conservateur et sexiste qu’il y a huit ans avec l’élection d’Oskar Freysinger. Les questions majeures liées à la parité homme-femme, l’environnement et le climat risquent d’être gelées pour quatre années. Il est à craindre que cela ressemble plus à un hiver, non?

Lire aussi: Le printemps politique valaisan


Ne pas museler les ONG

Dr Jean Martin, ancien médecin cantonal vaudois – et ancien coopérant, Echandens (VD)

Remarquable et nécessaire contribution que celle de François-Xavier Amherdt sur la stupéfiante décision du DFAE de ne plus subventionner des ONG pour une partie de leur travail d’information à l’intérieur du pays. C’est suite aux frissons suscités dans des milieux de l’économie pure et dure par l’acceptation populaire de l’initiative pour des entreprises responsables (qui, tristement, n’entrera pas en vigueur faute de majorité des cantons) que des pressions ont été exercées sur le département et son chef. On n’a pas aimé la manière dont la société civile s’est mobilisée. Parmi ces voix, on compte à regret un ancien président de la Confédération romand, qui nous avait habitués à mieux.

Lire l’opinion de François-Xavier Amherdt: DDC et ONG: une décision étonnante, regrettable et contestable

En passant, je note me considérer depuis plusieurs décennies comme un ami (en principe, un bon ami) d'Ignazio Cassis. Nous avons été médecins cantonaux ensemble et avons siégé de concert dans les comités de plusieurs associations des domaines de la santé publique et médico-social. Je sais ses qualités. Le fait, toutefois, est que son action au sein du Conseil fédéral a déçu. Bien sûr, il faut une dose d’opportunisme pour avancer en politique… mais il s’est à l’évidence montré beaucoup trop sensible aux souhaits d’une droite nationaliste et sans états d’âme, alors qu’on pouvait l’espérer digne d’un certain radicalisme latin incluant une dimension sociale et solidaire. Déception vive.

Un pays prospère comme le nôtre doit faire (beaucoup) plus que la part proportionnelle à sa taille

En ce qui concerne la coopération, il veut souligner les bénéfices que peuvent en tirer les entreprises suisses. Pourquoi pas… Mais il est intolérable d’en faire un principe prioritaire. Oui ou non, la Suisse entend-elle travailler à réduire un peu les situations inadmissibles des inégalités dans le monde, ou continuer à ne voir que son seul intérêt à court terme? Les inégalités sociales, économiques, en matière de santé, d’accès à l’éducation et à des conditions de vie correctes, sont un fléau universel et se sont marquées de plus en plus dramatiquement au cours des décennies récentes – à l’intérieur des pays comme entre les pays, d’ailleurs.

Il devrait tomber sous le sens qu’un pays prospère comme le nôtre doit faire (beaucoup) plus que la part proportionnelle à sa taille. Oui, les Suisses sont actifs, excellents, etc. Mais nous avons aussi profité depuis longtemps de toutes les opportunités de «gagner» – en faisant parfois preuve d’un manque de discernement et de cœur très regrettable. Notre pays devrait être tellement plus actif en termes de solidarité internationale. D’une vraie solidarité, pas d’actions dont on espère tirer plus de bénéfices sonnants et trébuchants que l’aide consentie.

Dans ce sens, empêcher que la collectivité soit informée des bonnes choses et des choses plus discutables qui, avec la participation d’entreprises suisses, se font au plan international, en matière de coopération ou au contraire d’exploitation indue, n’a rien à voir avec les valeurs civiques et civiles que l’on dit «suisses».


S’il est interdit d’en rire, peut-on en pleurer?

Olivier Moos, Lausanne (VD)

Nous pouvons toujours faire confiance à l’équipe d’Infrarouge de la RTS pour tourner une belle occasion d’informer le public sur le phénomène militant de notre décennie en une confuse bouillabaisse d’opinions («Peut-on rire de moi?», émission du 24 mars 2021). Une Claude-Inga Barbey visiblement très affectée par cet outrage préfabriqué, un Jacopo Ograbek représentant d’un Collectif Radical d’Action Queer dont la lettre au Temps devrait le faire rougir, un Dominique Ziegler qui a oublié sa casquette de commissaire politique au vestiaire du conformisme, et un Patrick Chappatte qui, à lui seul, sauve ce «Radeau de la Méduse» du naufrage complet. Bercé par la houle des platitudes, l’émission a pagayé autour de l’hérétique du jour, sans jamais être en vue d’un rivage. Ce que les auditeurs auraient sans doute apprécié, c'est un peu d’expertise et une touche d’analyse. Chappatte l’a esquissé, mais il a dû se sentir bien seul. Ce petit drame s’inscrit dans une dynamique culturelle plus large, celle d’un grand réveil militant, matérialisé aux Etats-Unis depuis le début des années 2010, et importé en Europe par divers activismes de gauche et entrepreneurs de l’indignation. L’écriture inclusive, les toilettes ou panneaux non genrés, les manifestes de la Grève des femmes ou encore les manifestations Black Lives Matter sont autant d’îlots d’un même archipel. Nos journalistes y font du tourisme, mais, apparemment, sans jamais se demander pourquoi l’orchestre du bar joue partout le même répertoire.

Sur le sujet:


La semaine passée: Vous nous avez écrit… sur la vaccination dans le canton de Vaud, sur Pierre Maudet et sur les bénévoles des courses pédestres

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