Roger Federer en champion du capitalisme helvétique (1) Calamité!

Léonard Possa (Genève)

Le Temps a publié sous le titre précité une opinion du sieur Claude Calame, en page 2 de la version papier de ce 10 octobre. Est-ce vraiment une opinion? Si Federer avait été Français, le petit sieur Calame ne se serait jamais hasardé à livrer une telle «opinion». Sa qualité de membre de l’EHESS parisienne (Ecole des hautes études en sciences sociales) montre bien le côté aigri du personnage jaloux de la réussite d’un voisin non français qui a réussi à
amasser un pactole.

Calamité que cette opinion!
Dommage que Le Temps ait sollicité ce monsieur.

Lire l'opinion incriminée: Roger Federer en champion du capitalisme helvétique

Roger Federer en champion du capitalisme helvétique (2): une opinion au titre fallacieux

Juerg Eberlé (Lausanne)

L’article publié par Monsieur Calame ne manque pas d’esprit, ni de piques et de sarcasmes envers le champion et les entreprises qui se sont abonnés à sa gloire. Or, il est faux de parler de «capitalisme helvétique»! Au début de la splendide carrière du Bâlois, c’était une affaire de famille, et tout était à inventer. C’est un manager américain, très rusé et cupide, qui a ensuite géré tout le sponsoring de Monsieur Federer. C’est son agence US qui a poussé à l’extrême les sommes dont les entreprises désireuses de s’offrir un gain d’image ont dû s’acquitter. C’est une autre question de décider si ce choix fait par le maître et son entourage, à l’époque, était judicieux.

Relire notre grand-format sur Roger Federer: On ne naît pas Federer, on le devient

et une déclaration d'amour signée Alexis Favre:

Chronique: Roger Federer, God save the King


A propos de votre éditorial du 14 septembre sur la grève des TPG

Yvan Demierre, Berolle (VD)

Vous écrivez: «A ignorer que leurs salaires sont payés par les autres, ils prennent le risque de créer une société à deux vitesses...» Je pense qu'il suffit d'ouvrir un peu les yeux pour se rendre compte qu'il y a longtemps que la société à deux vitesses a été créée, puisqu'à chaque crise, un tout petit nombre de personnes, qui ne plantent pas un clou pour le bien commun, mais ont fait profession de manipuler l'argent des autres, s'enrichissent à coup de milliards. Et plus la crise est violente, plus leur enrichissement est indécent, alors qu'au final, leurs salaires sont payés par tous les travailleurs de la planète... y compris par les chauffeurs des TPG .

Notre éditorial: Derrière l’indécence de la grève des TPG, la faiblesse de l’Etat


Economies d'énergie: les bons conseils du Conseil fédéral face au retard suisse

Alexander Kobb, Lausanne

«Chaque kilowattheure compte» dixit notre Conseiller fédéral de l’économie pour inciter tout un chacun à la parcimonie des ressources consommées. Malheureusement, il nous manque cruellement des outils pour mesurer en temps réel l’effet de nos éventuelles actions en ce sens. Nos voisins français disposent depuis belle lurette de compteurs électriques connectés qui permettent à suivre l’évolution de la consommation électrique d’un ménage par jour et même par heure. Pour la consommation de l’eau idem. Pourquoi la Suisse qui se targue d’être un des pays les plus innovants de la planète dispose-t-elle toujours de compteurs du siècle passé qui sont relevés une fois par an?

On nous conseille de mettre un couvercle pour bouillir l’eau mais donne aucune indication sur l’utilisation du numérique de tous les jours (Wifi par rapport au réseau cellulaire, téléchargement par rapport au streaming, etc). Ne parlons pas du projet des trois centres de données que veut installer Amazon sur sol suisse (LT du 01.10.2022). Messieurs les politiques si vous vous voulez que nous suivions vos conseils, un peu de cohérence serait la bienvenue!


A propos de la chronique «L’abbaye, le tireur et la princesse», samedi 8 octobre

Eloi Contesse, Penthalaz (VD)

J’ai lu avec beaucoup de tendresse ce billet de Mme Lugon Zugravu, je l’imagine parcourir avec délice la campagne vaudoise sur fond de champs de blé et d’apéros chaleureux. Je n’oserais donc troubler son enthousiasme en lui parlant du vécu des habitants desdites campagnes, celles et ceux qui sortent du droit chemin tracé par leurs parents ou leurs voisins, toutes ces bonnes âmes si bien intentionnées. Pourquoi parler des jeunes LGBT des villages vaudois, harcelés à l’école ou dans la rue? Des jeunes mamans vaudoises qui ont l’audace de vouloir travailler et à qui l’on reproche avec insistance de délaisser leurs enfants? Car il faut être clair une fois pour toutes. Nous sommes déjà bien tolérants, alors il ne faut pas exagérer. Encore heureux que l’école participe aux abbayes! Il est vital de montrer à nos enfants quelles sont les bonnes et vraies valeurs de chez nous pour éviter que toutes ces déviances venues de la ville soient vécues au grand jour.

Ces dernières phrases vous ont fait frémir? C’est pourtant ça, aussi, les bonnes vieilles traditions vaudoises.

Lire la chronique citée: L’abbaye, le tireur et la princesse


Chroniques de la vie numérique (1) L'abat-jour, La Poste et moi

François Bonnet, La-Chaux-de-Fonds (NE)

Vous achetez un abat-jour sur internet, ce qui est commode. Vous recevez illico un courriel du magasin résumant votre commande et vous en remerciant. Jusque-là, très bien.Ensuite commence un grandiose feu d’artifice. Le même jour, en effet, vous recevez un nouveau courriel du magasin confirmant la commande dont il vient de vous remercier. Le lendemain, nouveau courriel du magasin censé vous informer sur le statut de votre commande, qui ne dit rien de plus sinon ce que vous n’ignorez pas, à savoir que vous êtes tout à la fois le destinataire de la commande et celui de la facture y relative. Le lendemain, c’est La Poste qui vous envoie un courriel vous disant que votre commande lui a été remise pour acheminement; ce dont, le même jour, vous informe également le magasin. Le lendemain, nouveau courriel de La Poste, dont l’empressement émeut votre petit cœur sensible et qui vous annonce que le colis est en cours d’acheminement. Le surlendemain,La Poste, décidément aux petits soins, prend la peine de vous signaler qu’elle n’a pas pu vous faire parvenir le colis et qu’elle vous dira tout prochainement quand et où il sera possible de le retirer, ce dont vous êtes déjà parfaitement informé par l’avis benoîtement glissé dans votre boîte aux lettres par le facteur. Le lendemain, nouveau courriel de La Poste vous indiquant, pensant peut-être qu’Alzheimer fait des ravages chez vous, que le colis peut être retiré à l’ersatz de bureau de poste géré par la Migros du coin suite à la suppression du bureau de poste d’en face. Enfin, suite au retrait du colis, La Poste vous fait parvenir, ultime avatar de son infinie bienveillance, un dernier courriel vous informant que le colis a été retiré, ce que vous n’êtes pas sans savoir puisque ce n’est pas votre ombre, mais vous-même, qui l’avez retiré.


Chroniques de la vie numérique (2) Les CFF, les QR codes et moi

Valérie Valkanap (Berne)

L’autre samedi avant de partir le soir pour une fête à Bâle, j’achète vite fait mon billet sur l’ordinateur. Le bot me demande si c’est un aller simple, je clique sur aller-retour.Ma soirée se déroule bien, je n’ai pas envie de l’interrompre pour courir attraper mon dernier train, celui de 1h, alors je décide de rester dormir sur place. Le lendemain matin, la contrôleuse, fort aimable au demeurant, me fait remarquer que je suis en infraction: mon billet n’étant valable que 24 heures, je dois le repayer. Comment?! Mais enfin, elle imagine bien que je ne suis pas revenue cette nuit en hélicoptère pour vite repartir de Bâle ce matin, si? Elle ne met certes pas en doute ma bonne foi, mais elle doit appliquer le règlement. Plus aucune marge d’appréciation humaine, vraiment? Pour me faire plier, elle ajoute que ses collègues seraient moins coulants et qu’ils me colleraient en plus une amende. Je paie en maugréant, avec ce sentiment d’injustice que j’éprouvais enfant, face à l’incohérence d’adultes tout-puissants.

Le soir, je dîne avec ma fille au restaurant. Dans une économie de parole confinant à la grossièreté, le garçon nous désigne une table, puis une étiquette QR collée dessus pour accéder au menu. Mon téléphone n’ayant plus d’accu, nous consultons la carte sur celui de ma fille. Je chausse mes lunettes. Mais oui, je n’ai pas la berlue, il y a bien une touche «je passe ma commande», et puis une autre «je règle mon repas». C’est quoi cette histoire? D’un bond je me lève et vais trouver le serveur aphone qui nous a placés d’un simple doigt tendu, tel Dieu accordant la vie à Adam dans la fameuse fresque de Michel-Ange. Hé oh, vous pouvez pas attendre deux secondes, vous voyez bien que je suis occupé là. Ok, bon, alors je t’attends mon p’tit gars. Enfin il se pointe pour enregistrer nos choix. Le poulet, mais avec une salade et sans les frites pour l’une, le poisson, mais sans la sauce s’il vous plaît pour l’autre, ça rentre dans les cases de votre bloc-notes numérique, ça? Dans un sourire forcé et comme si je divaguais grave, le type lâche que nos souhaits ont bien été consignés. Rajoute pour me calmer qu’il m’apportera l’addition en personne. C’est alors que j’ai une illumination et me dis: si ça se trouve, la gueule qu’il tire, c’est peut-être parce qu’il sait ce qui l’attend. Dans pas très longtemps, la plus grande part du personnel ne risque-t-elle pas d’être licenciée, remplacée par des machines?

Facilitez-vous l’existence, cliquez-là, vante la pub à tout va. Moi je vois surtout que, comme pour le règlement de mes factures, l’envoi de colis à l’étranger, la location d’un vélo libre-service, ou l’entrée dans certains grands cinémas, pour ne citer que quelques exemples, il n’y a pas trente-six solutions. Soit je fais comme on me dit, soit je coupe les ponts avec le reste du monde. En quelque sorte, je me simplifie la vie, mais je me la réduis aussi.


Vous aussi, écrivez-nous à l’adresse hyperlien@letemps.ch

La précédente sélection de vos messages: Vous nous avez écrit sur… le prix du lait, l’urgence climatique à Genève et l’Ecosse

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