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Jean Vilar.
© Ina

Festivals en mémoire

Avignon 68, 
la chute de Jean Vilar

Tous les mercredis de l’été, notre chroniqueur revient sur quelques grands moments des festivals, en relisant les articles du «Journal de Genève» et de la «Gazette de Lausanne»

Juillet 1968. Paris, la France vient de vivre les secousses historiques que l’on connaît. Dans la foulée, le 22e Festival d’Avignon est fortement perturbé, avec des dizaines de jeunes gens qui s’y retrouvent et provoquent des débordements. L’interdiction de deux spectacles «subversifs» envenime la situation, particulièrement celle de Paradise Now du Living Theatre de Julian Beck. Les répétitions ont été annulées pendant pratiquement tout le mois de juin. Le travail n’est pas abouti.

Le 1er août, le Journal de Genève fait le point de la situation, sous la plume de Pierre Biner, lequel rapporte les délibérations du Conseil municipal de la Cité des Papes: le Living n’aurait «pas livré une marchandise conforme à celle qui lui avait été commandée lors de son engagement». On croit rêver. Il veut donc quitter les lieux sur le champ. Le directeur historique du Festival, Jean Vilar, prétend ne pas avoir été informé des intentions de la troupe de Julian Beck avant qu’elles soient rendues publiques. Du coup, il refuse de le soutenir dans ses ennuis avec les autorités. Il lui dit, au café Regina: «C’est fini. Nos relations sont définitivement rompues. Sans haine.»

Ambiance trouble. Plus personne ne maîtrise la situation, ni la mairie, ni la direction du festival, ni les artistes. Le Living finira par quitter Avignon. C’est un gros coup dur pour le créateur de la manifestation (en 1947), Jean Vilar, qui, dit-on, ne s’en remettra jamais. Déchiré, en désaccord avec le ministre André Malraux et avec le Général – bien qu’à leur service – et qui a fini par se mettre tout le monde à dos, pris en tenaille entre le pouvoir et les contestataires. Incompris, pilonné par ses amis d’hier. Tout cela à la suite du discours de De Gaulle du 30 mai, lorsqu’il avait refusé de servir le gouvernement. Il conserve encore la direction du Festival pendant deux ans, avant de mourir en 1973.


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A Montreux en 1991, le professeur Miles Davis

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