La sécurité de l’Europe est moins assurée aujourd’hui qu’il y a dix ans: le retour de la politique de puissance, une économie moins robuste et une plus grande instabilité en Europe – due à la rivalité croissante entre les Etats-Unis, la Chine et la Russie – forment la toile de fond géostratégique de notre continent, sans parler des ravages de la pandémie. La guerre de Géorgie, il y a douze ans, et les événements d’Ukraine en 2014 ont abouti au transfert de territoires et de population par la force en Europe. Les tensions militaires, la croissance des armements, le délitement des accords de désarmement conventionnel et nucléaire créent un environnement plus belliqueux. Le relatif désengagement des Etats-Unis, contrastant avec l’affirmation de la puissance russe et l’agressivité de la Chine, la revendication de sphères d’influence affectent le paysage sécuritaire de l’Europe. A sa périphérie, la Russie a repris pied au Moyen-Orient. Elle intervient de manière décisive dans le conflit syrien, prolongeant son action en Libye, tout en profitant également de la crise déclenchée par la Turquie, qui s’affirme dangereusement de son côté en Méditerranée orientale.