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Les deux chambres du parlement fédéral sont engagées dans un bras de fer idéologique à propos de la réforme des retraites.
© KEYSTONE/Martial Trezzini

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AVS: le poids des idéologies

Les deux chambres du parlement fédéral sont engagées dans un bras de fer à propos de la réforme des retraites

Le premier qui baisse les yeux a perdu. Le bras de fer entamé entre le Conseil des Etats et le Conseil national sur la réforme de la prévoyance vieillesse – AVS et prévoyance professionnelle – risque bien de se terminer au printemps en conférence de conciliation entre les deux chambres. Tant les positions semblent inconciliables. Avec une part de calcul électoral, mais aussi une forte dose d’idéologie.

Avec une majorité de 26 sièges sur 46 à la Chambre haute, PDC, PS et Verts sont donc restés inflexibles. La baisse du taux de conversion du deuxième pilier, la prévoyance professionnelle, doit être compensée par une augmentation de 70 francs de la rente AVS et un relèvement du plafond de la rente de couple de 150 à 155% de la rente simple. Au National, PLR, UDC et Verts libéraux avec 108 représentants sur 200, s’en tiennent à une compensation à l’intérieur du deuxième pilier, par une hausse des cotisations. Les deux positions sont si incompatibles qu’un compromis est inenvisageable. La solution qui sortira de la conférence de conciliation ne laissera aux deux chambres pas d’autre issue que d’accepter ou refuser le projet.

Nécessaire équilibre

Or sa nécessité semble incontestée. Après les échecs de révision en 2004 et 2011, et le refus d’abaisser le taux de conversion des caisses de pension en 2006, un nouveau naufrage au parlement ou devant le peuple aurait des conséquences insupportables pour l’AVS et pour les retraités actuels et futurs. Et pour les caisses publiques. En raison de l’évolution démographique, le seul déficit du premier pilier dépasserait les 8 milliards en 2030.

Pour assurer un succès devant le peuple, la réforme doit impérativement être équilibrée et garantir globalement le niveau des prestations actuelles entre les deux piliers. Tous les partis en sont convaincus. C’est la raison pour laquelle les sénateurs ont littéralement balayé le mécanisme relevant automatiquement l’âge de la retraite à 67 ans en cas de découvert du fonds AVS. Déjà que pour un capital épargné de 300 000 francs à l’âge de la retraite, la baisse du taux de conversion de 6,8 à 6% se traduira par une diminution de 12% de la rente, soit de 200 francs et de 100 francs pour un capital modeste de 150 000 francs. Ce qui fait dire à certains que les revenus les plus faibles seront les plus touchés. Car même la hausse de 70 francs dans le cadre de l’AVS ne compensera donc pas ce manque pour une personne seule.

Idéologie du moins d’Etat

L’AVS a déjà besoin d’un apport financier supplémentaire. Le relèvement de 1% de la TVA accepté par les Etats – le Conseil fédéral demandait l’autorisation d’aller jusqu’à 1,5% en cas de besoin – devrait permettre d’assurer les rentes jusqu’en 2030. Au Conseil national, la droite PLR et UDC veut se limiter à 0,6%. Afin de ne pas charger les entreprises et les générations futures. La gauche y voit au contraire un moyen d’affamer l’AVS dans le but de réduire son rôle dans la prévoyance vieillesse, au profit des caisses de pension. Même si, avec des taux d’intérêt extrêmement bas pour leurs placements, ces dernières ne parviennent plus à tenir leurs promesses aux assurés.

Nous entrons là en pleine querelle idéologique. Entre une gauche attachée au rôle de redistributeur de l’AVS et une droite qui veut réduire le rôle de l’Etat et des institutions sociales aux seules tâches vitales. Or, à lire la Handelszeitung, certains ne seraient pas mécontents d’un nouvel échec de l’AVS qui inciterait à l’épargne individuelle. Mais qui, avec un salaire d’aide-soignant ou de caissière, peut encore économiser pour ses vieux jours après avoir payé ses primes d’assurance-maladie?

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