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Baidu aime la Suisse

CHRONIQUE. L’ambassade de Suisse à Pékin entame une collaboration avec le «Google chinois» Baidu, un moteur de recherche qui coopère avec la censure et la propagande du pouvoir

En Chine, Ueli Maurer a établi un «record historique», disait le communiqué de son département au terme de son périple d’une durée elle aussi record pour un président de la Confédération. Il était question de «rythme des visites» et de «diversité des thèmes abordés». L’un d’eux n’a fait l’objet d’aucune communication du côté suisse: la signature d’une lettre d’intention pour une «coopération stratégique» entre l’ambassade de Suisse à Pékin et l’entreprise Baidu.

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Baidu? C’est le Google chinois, l’autre grand moteur de recherche mondial (certes limité pour l’heure à la Chine), qui se profile à la pointe des applications utilisant l’intelligence artificielle. La cérémonie de signature entre Ueli Maurer et Robin Li, président et directeur de Baidu, a eu lieu à Pékin le 25 avril. Selon les informations de l’entreprise, relayées par le site Globe Newswire, il est question d’un «mini-programme suisse» qui permet de fournir des informations officielles et touristiques sur la Suisse. L’ambassade et Baidu collaboreront aussi sur d’autres plateformes comme Baidu Encyclopedia et Baidu Data Insight. Jusqu’ici, ce «mini-programme» du géant du Net était réservé à des offices gouvernementaux chinois.

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«En matière d’innovation, nous sommes prêts à des collaborations dans tous les secteurs», dit Ueli Maurer, cité par Baidu, dont le compte rendu est signalé par l’excellent site Sinoptic.ch consacré aux relations bilatérales sino-suisses. Vendredi, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) Suisse rappelait que «Baidu coopère avec la censure et la propagande gouvernementale. Les informations auxquelles les utilisateurs de ce moteur de recherche ont accès ne sont dès lors pas libres mais sous contrôle invasif du gouvernement».

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