Avec leur missile en carton contre le F-35 américain, la gauche et le Groupe pour une Suisse sans armée (GssA) se trompent de cible. D’abord parce qu’il y a peu de chances que le projectile cloue au sol le futur avion de combat. Trop de brouillages institutionnels: problème de délais – il faut en général quatre ans pour qu’une initiative soit soumise au peuple – obstacle de la majorité des cantons insurmontable pour ce type d’initiative. En déposant leur texte avant les dix-huit mois accordés à la récolte des signatures, tout au plus la gauche et ses alliés peuvent-ils espérer l’effet d’un tir de semonce auprès du parlement. Et créer ainsi un effet suspensif retardant l’achat jusqu’à la votation. Cela aura au moins eu le mérite de redonner une couleur pacifiste à un Parti socialiste qui préférait faire oublier qu’il avait mis la suppression de l’armée dans son programme de 2010.