Traoré: ce nom revient comme un boomerang à la face de la France et de sa police. Le 27 octobre 2005, l’après-midi s’achève lorsque les policiers de la BAC (Brigades anticriminalité) poursuivent, sur la base d’une fausse alerte, un groupe d’adolescents de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Trois des fuyards, dont Bouna Traoré, âgé de 15 ans, se réfugient dans l’enceinte d’un poste électrique. Funeste réflexe, ponctué par la mort par électrocution de Bouna et de Zyed Benna, 17 ans, tandis que le troisième parvient à fuir. Quinze ans plus tard, le nom de Traoré est à nouveau scandé lors des manifestations, en mémoire d’une autre victime: Adama, mort à 24 ans, le 19 juillet 2016, dans les locaux de la gendarmerie de Persan (Val-d’Oise). Un rapprochement qui en dit long sur ces plaies sociales et raciales qui continuent, malgré la prise de conscience engendrée par les émeutes de 2005 dans les banlieues, de défigurer la République.

Commençons par ce qui a changé dans ces quartiers marqués du sceau conjoint de la diversité raciale, de la pauvreté, du chômage de masse, des trafics malheureusement trop répandus et d’une bouillonnante jeunesse que l’école échoue à canaliser.