Après quatre séries de débats consacrés à la justice internationale, aux addictions, à l'Afrique, et à la sécurité, c'est au tour de Korine Amacher, professeure d’histoire russe et soviétique à l’Université de Genève, de donner la parole à celles et ceux qui ont consacré leur vie à étudier l’histoire, la culture, la littérature, l’art et les sociétés d’Europe centrale et orientale.

Notre dossier: Russie-Ukraine, archipel de la guerre

Ils ne voulaient pas quitter leur pays mais ont été contraints à l’exil sous la menace de poursuites criminelles liées à leurs activités militantes et associatives. Après des perquisitions à leur domicile, Mikhaïl, Daria et Natalia ont préféré partir à l’étranger pour se protéger. L’un se trouve en Lituanie, l’autre en Géorgie et la troisième en France. Ces trois trajectoires de militants associatifs russes désormais exilés sont à la fois singulières et représentatives de celles de centaines, voire de milliers, de défenseurs des droits, journalistes indépendants ou activistes politiques contraints de quitter la Russie pour échapper aux répressions contre la société civile. Nombre d’entre eux ont en commun d’avoir été classés «agents de l’étranger», à titre collectif ou individuel, un label stigmatisant, devenu un motif de répression direct depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022.