Le parlement suisse vient d’accepter la consensuelle loi sur le CO2. La timidité de l’exercice n’a d’égale que la faiblesse des moyens financiers engagés. Le processus le rend tant indolore qu’invisible, tout en permettant d’arborer la satisfaction politique d’une mission accomplie. Cependant, dans cet écosystème, un acteur climatique incontournable manque à l’appel. Il est sur toutes les lèvres mais personne n’ose prononcer son nom: la Banque nationale suisse.

Dans le monde climatique et énergétique, l’institution s’est taillé une réputation sulfureuse avec plus de 10 milliards de dollars investis dans les extractions les plus polluantes d’énergies fossiles aux Etats-Unis. Obnubilée par un besoin de marquer son indépendance entre économie et politique, la BNS s’est emmurée dans les concepts d’avant la crise de 2008 au point de devenir l’une des dernières banques centrales à porter une stratégie rendue obsolète dans un monde traversé par le coronavirus.