Editorial 

Les banques restent trop vulnérables

Le Brexit et les turbulences boursières ont surtout affecté les banques. Une grande partie du chemin vers un système bancaire sain et solide est faite, mais il n’est pas terminé

Au moindre frémissement de la planète économique, les banques reviennent au premier plan. Et, pour les marchés, le Brexit a été plus qu’un frémissement. Même si les bourses se sont stabilisées après le choc, les établissements bancaires en souffrent encore.

Dans certains cas, de façon justifiée. Les banques italiennes n’ont pas attendu le référendum britannique pour s’encombrer de milliards d’euros de prêts douteux, ni pour manquer de fonds propres. La situation était déjà bien connue, mais comme souvent sur les marchés, il a fallu un déclencheur extérieur.

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En Suisse aussi, le Brexit a déclenché une vague de panique indirecte à l’égard de Credit Suisse. Au début juillet, l’action de la deuxième banque helvétique est tombée sous les 10 francs, pour la première fois depuis la fin des années 1980. La banque, avec ses 48 000 employés, valait alors à peine 21 milliards. C’est comme si les investisseurs estimaient que Credit Suisse ne valait que la moitié de ce qu’elle présente dans ses comptes.

Les investisseurs affichent une défiance, qui croît depuis des mois. Car, après avoir adulé Tidjane Thiam lors de son arrivée il y a un an à Credit Suisse, ils doutent. De tout: de la stratégie du Franco-Ivoirien, de sa mise en œuvre, du risque d’un rachat par une autre banque.

On est loin des pics aigus de la crise financière et de la crise de l’euro, où plusieurs banques avaient dû appeler leur gouvernement au secours. Depuis, les progrès ont été incommensurables pour le système financier: il en est sorti renforcé, mieux réglementé et mieux surveillé. Force est de constater que le chemin n’est pas tout à fait terminé. Vendredi soir, à l’issue des tests de résistance en Europe, on saura quelles banques sont encore trop vulnérables et devront renforcer leur assise financière.

Credit Suisse n’y participe pas. Pour elle, ce sont les résultats attendus ce jeudi, qui seront passés au crible avec une attention redoublée. Et exagérée: après tout, il faut laisser le temps nécessaire au nouveau patron pour qu’il puisse redresser une banque sclérosée. Or il a suffi que des investisseurs se mettent à douter pour qu’elle tangue en bourse et que sa situation devienne extrêmement précaire. Une autre illustration des failles du secteur.

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