Revue de presse

Barack Obama en est sûr: il aurait été élu une troisième fois s’il avait pu se présenter

Dans un entretien de fin de mandat aux «Axe Files» de son ami et conseiller David Axelrod, le président sortant tire son bilan, qui le satisfait. Il lance aussi quelques avertissements à son successeur

«Un peu de politique-fiction pour finir l’année», ricane Russia Today. Le président Barack Obama, qui doit quitter ses fonctions le 20 janvier, se dit «sûr» qu’il aurait remporté un troisième mandat si la Constitution lui avait permis d’être une nouvelle fois candidat. «Hillary Clinton appréciera», s’amuse Francetvinfo. En clair: il prétend qu’il aurait battu Donald Trump, précise le New York Times. Alors maintenant, il «pleurniche», déplore le New York Post, qui en profite pour mettre en scène ses arguments avec une ancienne photographie où l’on voit le président en larmes après un attentat ou après la mort de sa grand-mère – désolé, on a oublié, mais on voit bien l’intention.

«Excès de confiance ou certitude quant à sa force de persuasion?» se demande LCI. Quoi qu’il en soit, tout cela figure dans un entretien au podcast The Axe Files animé par son ancien proche conseiller David Axelrod – l’homme qui l’a «fait élire», dit Paris Match – et produit par CNN (qui le retranscrit) et l’Institute of Politics de l’Université de Chicago. Le futur ex-locataire de la Maison-Blanche y rejette les critiques à son encontre affirmant que sa vision pour les Etats-Unis n’avait été qu’un rêve: «J’ai confiance en cette vision, parce que je suis sûr que si je m’étais représenté et que je l’avais expliquée, je pense que j’aurais mobilisé une majorité d’Américains pour s’y rallier.»

«Après l’élection et la victoire de Trump, beaucoup de gens ont suggéré que, d’une certaine façon, ce n’était vraiment qu’un rêve. […] Mais la culture a changé, la majorité adhère à la notion d’une Amérique unique qui est tolérante, diverse et ouverte – et pleine d’énergie et de dynamisme», affirme-t-il, tout en estimant que la candidate démocrate Hillary Clinton avait «merveilleusement réussi dans des circonstances vraiment très difficiles. […] Je pense qu’il y avait deux poids, deux mesures la concernant.» Le Washington Post relaie son sentiment qu’elle avait été «victime d’attaques injustes».

Un «friendly exit interview tour»

Barack Obama rappelle aussi dans cette interview que le Parti démocrate a remporté le vote populaire, signe que «nous comprenons les problèmes», a dit son vice-président, Joe Biden, il y a quelques jours au Los Angeles Times. D’où les priorités à long terme: aider à «construire la prochaine génération de dirigeants, d’organisateurs, de journalistes, de politiciens. Je les ai vus aux Etats-Unis, je les ai vus à travers le monde.» Il dit également vouloir «utiliser» son «cœur présidentiel comme un mécanisme pour développer la prochaine génération de talents». C’est ce qu’on appelle, en bon américain, dit Slate Magazine, un «friendly exit interview tour».

Dormir, emmener Michelle en vacances et écrire

A court terme, cependant, au lendemain de son départ de la Maison-Blanche, ses «intentions sont de dormir» et «d’emmener [son] épouse pour de très belles vacances». Et il confie encore: «J’ai envie d’écrire.» Toutefois, «je dois rester tranquille pendant un moment. Je ne veux pas dire politiquement, mais intérieurement. […] Il faut se remettre synchrone avec soi-même et absorber ce qui s’est passé avant de prendre de bonnes décisions.»

Mais pas question pour lui de s’impliquer dans la politique quotidienne, ce qui «inhiberait le développement de nouvelles voix». Reste que «je suis toujours un citoyen – et cela induit des droits et des obligations», souligne-t-il, n’écartant pas la possibilité d’intervenir en cas de «problème portant sur les fondements de notre démocratie». L’avertissement paraît clair à son successeur, Donald Trump, qui n’a pas manqué de répliquer à l’hypothèse un brin provocante du «troisième mandat»:

Cette hypothèse – absurde s’il en est – a d’ailleurs le don d’irriter un internaute de L’Essentiel luxembourgeois: «Plus mauvais perdant que cela, c’est dur à trouver, écrit-il. Ou alors il faut aller chercher dans les dictatures! Qu’ils arrêtent un peu, ils ont perdu et point. Qu’il arrête aussi de tout saboter depuis les résultats. C’est vraiment du mauvais esprit et on s’attendait à mieux d’un Prix Nobel de la paix. Et particulièrement en période de Fêtes…» La parole se libère de part et d’autre:

Sur Facebook, ces choses-là sont dites avec moins de pincettes, et l’on retrouve des termes comme «nègre», «macaque» et même une comparaison avec Robert Mugabe, qui s’accroche au pouvoir au Zimbabwe depuis 28 ans, 11 mois et 25 jours. Alors, fait-il du «mauvais esprit», l’ami Barack? Il entame plutôt la troisième mi-temps, si l’on veut. Comme le dit si bien Libération: en quelque sorte, «on refait le match», tranquille au vestiaire ou au bar, où l’on n’a plus rien à perdre.


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