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Barack Obama est le premier dirigeant américain en exercice à venir sur l’île des Castro depuis Calvin Coolidge, en 1928.

Editorial

Barack Obama à Cuba, la force des symboles

En se rendant pour trois jours à Cuba, le président des Etats-Unis entend clore un chapitre de la Guerre froide. Il faut aussi un pari risqué

En visitant respectivement la Chine en 1972 et Jérusalem en 1977, Richard Nixon et Anouar el-Sadate avaient surpris le monde entier. Leur geste était apparu d’une remarquable audace. Barack Obama entreprend un voyage à Cuba qui a la même portée historique et symbolique. Pour le président américain, c’est la conséquence logique d’une politique de dialogue amorcée dès son arrivée à la Maison-­Blanche en 2009. L’île caribéenne de onze millions d’habitants doit faire partie intégrante du monde globalisé. C’est le meilleur moyen d’en favoriser la démocratisation. L’embargo commercial que le Congrès maintient depuis 1962 contre Cuba est, pense-t-il, un vestige absurde de la Guerre froide.

Lire aussi : Obama à Cuba, pour tourner la page de la Guerre froide

Barack Obama fait un pari. Rien ne dit que sa visite changera la gouvernance autoritaire de Raúl Castro, qui a promis de quitter le pouvoir en 2018. Le risque est qu’elle légitime le statu quo, insupportable pour une partie croissante des Cubains. L’espoir, c’est qu’elle aide Cuba à oser l’ouverture et à se forger une identité propre affranchie des tutelles soviétique durant la Guerre froide et américaine sous la dictature Batista. La venue à Cuba du président américain, la première depuis 1928, ne produira peut-être que des effets à terme, même si l’enthousiasme avec lequel les Cubains s’y sont préparés en dit long sur l’obsolescence de la rivalité idéologique entre les deux pays.

Barack Obama concrétise ce que presque tous les présidents américains depuis John F. Kennedy avaient timidement tenté avant lui: normaliser les relations avec l’ennemi. Même l’éminence grise de Nixon, Henry Kissinger, s’y était essayée. Le processus engagé depuis le 17 décembre 2014 qui a permis le rétablissement des relations diplomatiques entre la Havane et les Etats-­Unis est toutefois semé d’embûches. A Washington, les républicains sont encore nombreux à penser que le régime castriste ne mérite pas la moindre concession. A Cuba, le changement est une perspective séduisante, mais il reste pour l’heure hypothétique ou limité à des secteurs comme le tourisme. La réalité matérielle cubaine demeure un combat quotidien. Entre 2013 et 2015, près de 80 000 Cubains ont fui la précarité et émigré aux Etats-­Unis. La frange la plus vulnérable de la population craint l’irruption brutale d’un capitalisme américain débridé. Une future réunification des deux monnaies (peso convertible et peso cubain) promet elle aussi d’être très douloureuse.

Lire également: «Comment ça va Cuba?»: Barack Obama à la découverte de La Havane

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© Gabioud Simon (gam)