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Beat Richner en 2013, dans l'hôpital des enfants de Kantha Bopha qu'il dirigeait à Siem Reap au Cambodge.
© Si / Monika Flückiger

Revue de presse

«Beatocello», le sauveur des petits Cambodgiens, a perdu son dernier combat

Trop malade, le célèbre pédiatre suisse Beat Richner avait dû finir par abandonner son hôpital de Kantha Bopha. Sa vie, il l’a donnée entièrement aux enfants, malgré les vents contraires

Le pédiatre zurichois Beat Richner est donc décédé ce dimanche à l’âge de 71 ans des suites d’une grave maladie, a annoncé sa fondation. Il s’était rendu célèbre pour son travail au Cambodge. Bienfaiteur quasi divin pour beaucoup, il a sauvé la vie de millions d’enfants délaissés par ce pays du Sud-Est asiatique. Durant les vingt-sept dernières années de sa vie, le médecin, aussi clown et violoncelliste, a ouvert cinq hôpitaux qu’il a en partie financés en donnant des concerts de bienfaisance.


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A son propos, la Neue Zürcher Zeitung relève que cela faisait déjà un quart de siècle que «Beatocello» souffrait de sa maladie, ce qui en dit long sur «le courage» de cet homme qui s’est investi dans une mission humanitaire hors du commun. Jusqu’à ce que ses problèmes de santé prennent le dessus, en 2017, dit le communiqué très officiel du site Postkhmer.com. Le «Swiss Doctor» va laisser un «grand vide», peut-on lire dans la Nordwestschweiz, lui qui a consacré sa vie aux enfants: «Ein Leben für die Kinder», titre la Handelszeitung.

Il avait une capacité de séduction telle qu’il «charmait» tout le monde, dit encore de lui le Tages-Anzeiger. C’est ainsi que «pendant de nombreuses années, il a réussi à ouvrir les cœurs (et les bourses) et à recueillir des dizaines de millions de dons chaque année rien qu’en Suisse». «Son immense œuvre, ajoute le Blick, lui survivra pour toujours», d’autant qu’il a dû se battre contre «ceux qui ne le prenaient pas au sérieux».

Les Nations unies, par exemple, l’ont parfois soupçonné de pratiquer une médecine de luxe, ce à quoi il avait pour habitude de répondre que l’ONU proposait «une médecine pauvre pour des gens pauvres». Ses hôpitaux à lui, cependant, présentent le meilleur rapport entre les coûts et le taux de guérison, a-t-il répété plus d’une fois.

Dans une interview donnée il y a quelques années à la Schweizer Illustrierte (SI), il avait parlé très ouvertement et sans mâcher ses mots de «son engagement envers les enfants du Cambodge, mais aussi de ses soucis, de son mal du pays et de son amertume». Ce, alors qu’il n’avait jamais pensé pouvoir reconstruire le fameux hôpital de Kantha Bopha après le départ des Vietnamiens en 1989 et l’envoi de forces de l’ONU au début des années 1990 au Cambodge.

Très critique envers les autorités de ce pays qui ne le soutenaient pas assez, selon lui, Beat Richner avait eu aussi ce trait d’esprit consistant à dire que «si Kantha Bopha était un parti politique, il gagnerait les élections». En fin de compte, les Cambodgiens auraient dû prendre le relais, en ne se contentant pas de «payer que lorsqu’ils sont sous pression». Les autorités sont «toujours distantes avec les enfants de l’hôpital», disait-il. D’ailleurs, il ajoutait, pour montrer sa modestie et son plein engagement: «Je n’aime pas non prendre des photos avec des enfants dans mes bras. Un enfant appartient à sa mère – pas au médecin qui l’aide. C’est kitsch, c’est arrogant. Aider est arrogant!»

Et à propos de cette OMS qu’il détestait cordialement parce qu’elle l’accusait d’employer des «médicaments de luxe», il jugeait qu’elle représente «un mélange d’arrogance, d’ignorance et d’incompétence. Elle veut adapter les soins médicaux à la réalité économique des pays. Je trouve ça honteux. Chaque vie, en Suisse ou au Cambodge, vaut la même chose. Et la tuberculose, par exemple, le plus gros problème au Cambodge, ne peut être diagnostiquée chez l’enfant» avec des moyens rudimentaires.

Beatocello était donc convaincu, toujours dans cet entretien à la SI, qu’«il faut une bonne infrastructure hospitalière. C’est également valable pour Ebola en Afrique.» Les acteurs de la santé doivent pouvoir travailler de manière «efficace, propre et sans corruption». Mais voilà, «pour l’OMS, ricanait-il, le plus important est que les gens du tiers-monde se lavent les mains régulièrement. Mais avec la fièvre Ebola ou la dengue, vous pouvez vous laver les mains vingt-quatre heures sur vingt-quatre, cela ne sert à rien!»

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