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Carla Hilber del Pozzo

Bénévolat: parce que je le VEUX bien!

Le saviez-vous? L’Union Européenne célèbre en 2011 l’Année du bénévolat. A cette occasion, l’Office Fédéral de la Statistique (OFS) a publié des résultats comparatifs sur le travail bénévole en Suisse*. L’occasion pour notre chroniqueuse en philanthropie de nous livrer une réflexion sur le sujet, issue de sa pratique professionnelle

Utile, valorisant, facteur de cohésion sociale, créatif, telles sont quelques-unes des caractéristiques connues du bénévolat, mot dont l’origine latine signifie bonne volonté. La complexité de ce type d’engagement est souvent sous-estimée. On peut donc se réjouir que des études y soient consacrées. Ainsi, l’OFS relève tous les trois ans (depuis 1997), des données sur le travail bénévole. L’étude parue au printemps dernier nous apprend qu’en Suisse, un habitant sur quatre exerce au moins une activité non rémunérée dans le cadre d’organisations ou d’institutions (bénévolat formel) tandis qu’un sur cinq rend régulièrement des services de bénévolat informel (entre voisins, connaissances). Le volume total de travail non rémunéré est estimé à 740 millions d’heures en 2000, réparties à parts égales entre activités institutionnalisées et informelles.

Les cantons alémaniques comptent le plus de bénévoles (30-33%), tandis que Vaud, Tessin et Genève se classent derniers (entre 15-17%). Qu’en est-il à l’échelle internationale? Parue mi-avril, l’étude Panorama de la société 2011 (OCDE)** observe 40 pays dont la Chine et l’Inde. Il en ressort que dans le mois précédent le sondage, 55% des Suisses avaient effectué un travail bénévole ou fait un don. Au sein des pays de l’OCDE, seul 39% de la population pouvait en dire autant.

Qui sont ces Suisses bénévoles? Ceux qui opèrent dans le bénévolat formel ont en moyenne 40-54 ans et bénéficient d’une formation supérieure. Contrairement à une croyance répandue, ce ne sont donc pas les personnes qui ont le plus de temps libre qui s’engagent le plus mais bien celles qui sont le mieux intégrées socialement et professionnellement. A l’inverse, le bénévolat informel est surtout l’affaire de jeunes retraités et de femmes se consacrant à l’éducation de leurs enfants.

Faut-il se réjouir d’un tel engagement de la population pour donner du temps, de l’argent, du savoir-faire? Sans doute, car c’est le symptôme d’une société solidaire. Et pourtant la bonne volonté n’est pas tout.

Ces considérations trottent dans ma tête lorsque je suis consultée par une organisation qui jouit d’une large base de bénévoles pour accomplir son travail. Cela ne l’empêche cependant pas de se heurter à la difficulté d’assurer l’avancement efficace du travail, alourdi par la gestion complexe des bénévoles. Dans l’analyse que je livre, deux paramètres se dégagent d’emblée: la méconnaissance des bénévoles (qui sont-ils, de combien de temps disposent-ils vraiment, quelles compétences précises ont-ils?) et le manque de clarté dans la définition des besoins de l’organisation. Comme dans toute autre activité, l’équilibre repose sur la rencontre entre l’offre à la demande.

Mon rôle consistera à travailler avec l’organisation afin d’identifier clairement les ressources et compétences dont elle a besoin. Dans un second temps, par une meilleure connaissance des bénévoles, l’offre et la demande seront harmonisées. Enfin, pour agir sur le long terme, je propose un modèle de gestion des bénévoles qui prenne en compte la motivation et la reconnaissance.

Or, à la différence d’une entreprise, comment motiver des bénévoles qui sont mus par des facteurs aussi spécifiques que des valeurs, des croyances, l’adhésion à une mission, l’esprit civique, une passion, etc?

Dans mon expérience, le fait qu’une organisation fasse preuve de respect pour le temps qui lui est offert, est motivant. Et ce respect découle d’une bonne organisation du travail. Reconnaître le bénévole est une autre forme de motivation bien que la plupart des bénévoles s’en défendent. J’entends par reconnaissance le remerciement, l’appréciation, avant tout. Mais cela peut aussi être le fait de donner accès à d’autres responsabilités ou expériences, ce qui incorpore une forme de réciprocité: le bénévole donne du temps tout en développant son spectre de connaissances.

Noble, le bénévolat est également gratifiant pour celui qui l’accomplit. De 7 à 77 ans (et plus), il offre des expériences humaines rares. Les 740 millions d’heures de travail non rémunéré recensées en 2000 constituent un trésor qui, à ce titre, mérite toute notre attention pour le faire prospérer.

* Office fédéral de la Statistique, Situation économique et sociale de la population, Le travail bénévole en Suisse: comparaisons régionales, Neuchâtel, mars 2001.

** OCDE, Panorama de la société 2011.

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