Sinistre bilan pour ce week-end. Copenhague d’abord, où deux attentats meurtriers ont visé les mêmes symboles qu’à Paris le mois dernier: une réunion organisée pour défendre la liberté d’expression, et une synagogue. Puis l’Alsace, où un cimetière juif a été profané.

JCall exprime sa profonde émotion et son indignation face à ces actes barbares qui endeuillent de nouvelles familles et tient à assurer celles-ci de sa totale solidarité.

Encore une fois sont visés, ensemble, la démocratie et les Juifs. Nous savons, par notre longue histoire, que ceux qui s’attaquent à la démocratie n’épargneront pas les Juifs, et que toute agression à l’encontre des Juifs met la démocratie en péril.

Seul un rassemblement autour des valeurs de la démocratie pourra constituer un rempart face aux idéologies de haine prônées par les terroristes islamistes de Copenhague et de Paris. Les dirigeants européens l’ont bien compris et nous saluons leur mobilisation contre l’antisémitisme.

Déclarations choquantes

Par contre, les déclarations du premier ministre israélien appelant, pour des raisons électorales, les Juifs d’Europe à émigrer en Israël suite à ces attentats sont parfaitement choquantes.

M. Netanyahou peut revendiquer à juste titre le droit de s’exprimer au nom de l’Etat d’Israël, mais il ne peut en aucun cas prétendre le faire au nom de tous les Juifs du monde. Dès les années 50, le fondateur de l’Etat d’Israël, David Ben Gourion, avait déclaré que «l’Etat d’Israël ne pouvait parler qu’au nom des citoyens israéliens et, en aucun cas, au nom des Juifs citoyens d’autres pays». Donc, non, Monsieur le premier ministre, vous ne pouvez pas parler en notre nom.

En diaspora, nous sommes nombreux à penser que les années Netanyahou resteront comme une période où Israël s’est politiquement affaibli, perdant de son crédit sur la scène internationale – à cause, notamment, de la politique de statu quo menée à l’égard des Palestiniens, parallèlement à la poursuite continue de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Nous revendiquons simplement, comme J Street aux Etats-Unis, de représenter en Europe cette partie de la diaspora profondément attachée à l’Etat d’Israël qui prône dans le même temps la création d’un Etat palestinien viable à ses côtés. Et nous n’accordons à personne le droit de parler en notre nom.

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