L’Allemagne a résisté à l’énorme pression exercée par les Etats-Unis et les Européens. C’est le message qu’on retiendra du sommet de Ramstein, réunissant les ministres de la Défense d’une cinquantaine de pays. Mais en quoi cet attentisme va-t-il être bénéfique à Berlin? L’incapacité du gouvernement d’Olaf Scholz à décider de la livraison de chars Leopard 2 à l’Ukraine laisse une image catastrophique. Le chancelier allemand avait pourtant opéré un tournant majeur (Zeitenwende) en débloquant plus de 100 milliards d’euros pour développer la Bundeswehr. Il avait osé jeter aux orties une politique de retenue pacifique héritée de l’après-1945. Mais à Ramstein, en traînant les pieds, l’Allemagne montre qu’elle peine à assumer jusqu’au bout ce tournant.