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Das Bundeshaus am Tag der eidgenoessischen Wahlen, am Sonntag, 18. Oktober 2015 in Bern. (KEYSTONE/Peter Klaunzer)
© PETER KLAUNZER

Les pieds dans le plat

Berne fédérale: «Il faudrait peut-être se décider à décider quelque chose»

OPINION. Après la victoire de la droite dure aux dernières élections fédérales, la Suisse est paralysée. Seul un retour à une «grande coalition» PLR-PS-PDC permettra à notre pays de sortir de l’ornière, estime notre chroniqueur David Hiler

La Berne fédérale semble atteinte de paralysie. Elle est incapable de faire des choix sur les enjeux stratégiques et lorsque le parlement prend des décisions, il ne parvient plus à convaincre le peuple suisse de la justesse de ses choix. Pourtant, dans plusieurs domaines, des options doivent être prises rapidement. Sous la pression du vieillissement de la population, notre système de sécurité sociale est en crise. Le résultat de répartition du compte de l’AVS est passé de 261 millions en 2012 à –761 millions en 2016. L’équilibre général est encore atteint grâce aux gains réalisés sur le capital de réserve, mais probablement plus pour longtemps. L’augmentation faramineuse des primes d’assurance maladie depuis l’entrée en vigueur de la LAMal en 1996 (159% en vingt ans) devient dans certains cantons (dont le nôtre) un facteur de paupérisation pour une partie croissante de la population.

Nos relations avec l’Union européenne sont de plus en plus compliquées et nous risquons de nous retrouver sans accords bilatéraux, soit parce que l’UE se sera lassée de nos tergiversations sur le volet institutionnel de nos relations, soit parce que l’UDC aura convaincu le peuple suisse de dénoncer l’accord sur la libre circulation. Enfin, la patience de l’OCDE (et derrière elle du G20) a aussi ses limites et il faudra bien que la Suisse abolisse les statuts fiscaux cantonaux qui favorisent les entreprises qui ont leur siège en Suisse, mais dont le chiffre d’affaires s’effectue principalement à l’étranger.

La désertion du centre par la droite

Les blocages actuels sont largement la conséquence du résultat des élections fédérales d’octobre 2015. Lorsque la droite et l’extrême droite ont triomphé, une partie de la droite classique a été prise d’une sorte d’euphorie. Se sentant libérée de l’obligation de négocier avec le Parti socialiste et même avec les partis du centre, elle a jugé que le temps était venu de mettre le cap à droite toute. Elle a perdu de vue que, contrairement à ce qui s’est passé en Autriche récemment, le «petit» de l’alliance, c’était elle, et la force dominante, l’UDC.

Le PLR et l’UDC se sont certes entendus comme larrons en foire pour multiplier les coupes dans le budget fédéral. Ces coupes ont parfois été préjudiciables au bon fonctionnement de l’administration fédérale, elles ont entraîné des reports de charges sur les cantons. Elles ont surtout été parfaitement inutiles, puisque les résultats des comptes se sont avérés bien meilleurs que ce qui était prévu au budget.

«Grande coalition» à la Suisse

Sur les grands dossiers, en revanche, l’alliance n’a pas fonctionné. Le dossier européen reste une sérieuse pomme de discorde: l’UDC peut difficilement renoncer à son fonds de commerce, ni le PLR tourner le dos au libéralisme. Résultat, le dossier européen est complètement enlisé; le Conseil fédéral se retrouve maintenant entre le marteau et l’enclume: l’UE augmente la pression et l’UDC veut en finir avec les accords bilatéraux. Les deux forces se sont certes mises d’accord sur la réforme de l’impôt sur les entreprises (RIE 3), mais le peuple n’a pas suivi. Finalement, la seule victoire de l’alliance des droites aura été de faire échouer le projet Prévoyance 2020.

Les deux décisions majeures de la législature sont en effet à mettre à l’actif de la «grande coalition» constituée par le PLR, les socialistes et les démocrates-chrétiens. Elle a fait triompher la loi sur la transition énergétique, malgré la farouche opposition de l’UDC, et elle a adopté une concrétisation minimaliste (c’est un euphémisme) de l’initiative contre la migration.

La législature qui s’achèvera en 2019 aura démontré que seule la «grande coalition» est capable de formuler des réponses aux grands défis que doit affronter notre pays. Espérons que les partis en soient conscients et réapprennent à forger des consensus, sans lesquels notre pays ne peut pas avancer.

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