Il est rare que les responsables de la politique extérieure suisse ou de la politique de sécurité s’expriment en public sur la situation stratégique en Europe. Les discours officiels tendent à éviter le sujet, du moins en public, réservant peut-être l’expression de leur préoccupation à des commissions parlementaires ou à des cercles d’experts. Le fait est pourtant que l’Europe traverse une grave période d’instabilité du fait de la dénonciation des traités de désarmement nucléaire entre les Etats-Unis et la Fédération de Russie.

Les Américains se sont retirés du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) en Europe, conclu en 1987, qui interdit les missiles d’une portée de 500 à 5,500 km. Miné par les accusations de part et d’autre de violation du traité depuis une quinzaine d’années, le FNI, pilier du contrôle des armements nucléaires, a fini par s’effondrer. Dans un climat de vives tensions entre l’OTAN et la Russie, d’autres traités stratégiques – le traité contre les missiles anti-balistiques et la limitation de la production d’armes nucléaires tactiques – ont pris fin. Dans ces conditions, il est peu probable que le traité New Start sur les armements nucléaires stratégiques soit prolongé au-delà de 2021.