San Francisco s’éveille (3/6)

Bicycle Race dans les rues de San Francisco

CHRONIQUE. Silicon Valley, Flower Power, Peace & Love, Summer of Love: autant d’expressions emblématiques qui renvoient à San Francisco. Une ville qui n’a toutefois pas moins de problèmes que les autres métropoles américaines

Le Temps propose une opération spéciale en racontant, depuis San Francisco, les innovations à venir dans les domaines scientifiques, technologiques ou culturels. Nos seize journalistes, vidéastes, photographes et dessinateur parcourent la ville, la Silicon Valley et la Californie pour découvrir les nouvelles tendances au cœur de ce laboratoire mondial de l’innovation.

Déçue de mon tramway inconstant, j’ai décidé de le plaquer et de louer un vélo.

C’était un vélo de ville. Avec une corbeille et un look rétro qui lui donnait un air flâneur et allait bien avec les maisons victoriennes de San Francisco. Il ne me manquait qu’un panama et un panier de pique-nique pour une balade du dimanche au début du siècle passé.

Mais c’est au début du XXIe, un jour de semaine à 8h01 du matin que je me suis mise en selle, après avoir attentivement étudié les itinéraires proposés sur le plan de la ville. La cité du Golden Gate est connue pour ses nombreuses collines, et si elles offrent des perspectives photogéniques, ce n’est pas en remontant une pente à 20% à deux-roues qu’on en profite le plus.

Automobilistes courtois

Heureusement, les malins San-Franciscains ont aménagé des pistes cyclables de façon à pouvoir contourner les obstacles avec un minimum d’efforts. Mon chemin commençait en toute tranquillité dans le parc du Golden Gate, et en repensant au tramway bondé, j’étais très contente de l’escapade dans la nature. Enfin… avant de remarquer que les vélos étaient interdits sur plus de la moitié des allées, réservées aux piétons, et astreints aux pistes à côté de la route. Et une fois en dehors du parc, la piste passait directement sur la route.

La balade du dimanche était terminée. J’ai dû accélérer au rythme de la circulation. Pas celle des voitures, oh non. Celles-ci avaient le comportement le plus courtois que j’aie jamais pu observer dans une grande ville. Ceux qui donnaient le rythme à la virée qui s’est très vite transformée en une course, c’étaient des dizaines et des dizaines de vélos de toutes tailles et modèles, le plus souvent sportifs.

L'impression d'être dans le Tour de France

Ils ont déferlé en un instant au coin d’une rue et m’ont absorbée dans leur flot turbulent. On tournait désormais les pédales à une vitesse qui me permettait tout juste de saisir quelques détails. Une veste par-dessus un costard, un sac à dos de marque, un thermos de compétition, un enfant dans une remorque bringuebalante… Tous mes compagnons connaissaient le trajet au point de pouvoir le faire les yeux fermés. Au cas où un jour ils voudraient dormir un peu plus longtemps le matin. Ils étaient équipés de façon optimale du point de vue de l’aérodynamique. Et je suis prête à parier que la plupart se chronomètrent tous les jours pour battre leur record personnel.

Quand on a déboulé sur Market Street, l’artère principale en flèche droite vers les bureaux du centre, j’avais l’impression de participer à l’arrivée du Tour de France sur les Champs-Elysées. Avec des voitures qui klaxonnaient pour m’accompagner. Heureusement que je n’avais pas de panama ni de pique-nique. Demain, je demanderai pardon au tramway.

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