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Bienvenue chez les «badass»

Antihéros et vrais rebelles, les «badass» bousculent les codes et font le buzz. A l’image de Zlatan ou de Bozoma Saint John, une jeune cadre d’Apple qui n’a peur de rien

Mais qu’est-ce qu’un/une «badass»? Largement popularisé ces dernières années, le terme refait surface ces jours pour qualifier ce mec cool et frondeur, ce dur à cuire qui n’a pas froid aux yeux; cette nana culottée, anticonformiste dans ses choix, sûre d’elle dans ses actes. Les «badass», des têtes brûlées, arrogantes et décomplexées? Pas seulement. Protéiforme et unisexe, le terme s’emploie à la fois comme substantif et comme adjectif pour désigner ceux qui bousculent les codes et les normes établis. Antihéros et vrais rebelles. Dans les années 90, la bande d’énergumènes de Jackass aurait aisément été qualifiée de «badass». Du côté du rap et de la pop music, on pourrait citer au hasard Madonna et Lil Kim hier, Nicki Minaj et Beyoncé aujourd’hui.

Racines anciennes

Le terme émerge dans les années 1950. Il est alors considéré comme péjoratif et vulgaire. Le Random House Historical Dictionary of American Slang (dictionnaire argotique) atteste de son utilisation en tant qu’adjectif dès 1955, en tant que nom dès 1956 et en tant que verbe à partir du milieu des années 1970. Résolument dans l’air du temps, l’expression «badass» devient le titre du film de Craig Moss, sorti en 2012, dans lequel on voit un ancien combattant du Vietnam devenir justicier pour sauver l’honneur de son meilleur ami assassiné.

Charisme groovy chez Apple

Etre «badass», c’est avant tout une question d’attitude. Ceux qui n’hésitent pas à prendre des risques, à se mettre en avant, quitte à se planter. Quoique la plupart du temps, les «badass» réussissent. A l’image de Bozoma Saint John, cette jeune cadre d’Apple qui a rattrapé à elle seule une conférence annuelle jugée décevante par les spectateurs avides d’innovation. Face au marasme des nouveaux produits à la pomme, sa prestation charismatique, énergique et spontanée a fait le buzz.

N’hésitant pas à dévoiler ses morceaux préférés, la jeune femme vole la vedette aux nouvelles fonctionnalités d’iTunes, en faisant swinguer la salle au son de Rapper’s Delight. Sur Twitter, cette Américaine d’origine ghanéenne, «autoproclamée badass et badmamajama» (en référence au titre du chanteur soul des seventies Carl Carlton), avoue être «généralement méchante. Et très douée à cela.» Et la Toile adore. «Tu as tout cassé, s’émeut @mclaughj. Merci d’avoir montré ta personnalité sur scène. Réellement magnifique!»

Zlatan, «roi de la provoc»

Dans le registre sportif, la RTS a récemment publié une vidéo qui décrypte, avec une pointe d’humour, l’aura du joueur suédois Zlatan Ibrahimovic. On y apprend enfin «pourquoi tout le monde a peur de Zlatan» «Roi de la provoc», le footballeur d’origine serbe incarne la figure du «gros dur capable de tout», celui qui «dit tout ce qu’il pense et assure le spectacle». «Tellement grave et talentueux» que ça en deviendrait «presque jouissif» – ou irritant, au choix. «Un cul méchant, un vrai, conclut la voix off. Et sans méchant pas d’histoire.» Publiée lundi sur Facebook, la séquence, partagée plus de 200 fois, a déjà recueilli près de 800 like. «Ben voilà qui résume bien le tout», commente une internaute. «Mais on ne l’aime pas moins!»

Paillettes VS hot-dog

Il n’y a pas d’âge pour être «badass». Une fillette américaine le prouve. Gonflée, elle n’a pas hésité à enfreindre les codes d’une journée à thème. Sa professeure avait pourtant précisé: «Demain, en classe de danse, le thème sera «les princesses», alors apportez ce qu’il faut.» Au milieu des héroïnes Disney en tulle pastel, la petite fille apparaît ainsi déguisée en hot-dog. Entre Cendrillon, et la Belle au bois dormant, elle pose fièrement dans son ensemble une pièce couleur pain de mie agrémenté d’un trait de moutarde. Sur Twitter, l’originalité est saluée. «Dans un monde plein de princesses, ose être un hot-dog!» lance @AmyAvanzino. N’est pas «badass» qui veut.

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