Après cinq séries de débats consacrés à la justice internationale, aux addictions, à l'Afrique, à la sécurité et au choc Russie-Ukraine, c'est au tour de Johan Rochel, spécialiste des questions d'éthique appliquées à la vie en société, de s'interroger avec ses invitées et invités sur les contours d'une utilisation responsable des technologies numériques.

Notre dossier: Quelle éthique pour un monde connecté?

Il y a un peu moins de dix ans, le publiciste Evgeny Morozov publiait To Save Everything, Click Here (2013), l’un des diagnostics les plus marquants de l’ère numérique. Dans son livre, le critique expliquait comment la Silicon Valley était marquée par une idéologie particulière: l’idée que les problèmes complexes pouvaient tous être résolus par une technique intelligente, des algorithmes et des applications, à l’aide d’une main toujours plus invisible. Avec le «solutionnisme», Morozov crée alors un concept précis que les présentations annuelles de produits des grands groupes numériques n’ont jamais démenti et que le «one more thing» de Steve Jobs a réactualisé à maintes reprises.