En septembre 2015, après de dures négociations, l’Assemblée générale de l’ONU adoptait à l’unanimité de ses 193 Etats membres l’Agenda 2030: 17 Objectifs de développement durable (ODD) que la planète entière, et non seulement les pays du Sud, doit atteindre en quinze ans. Certains y ont vu des promesses trop ambitieuses pour éliminer la pauvreté, renforcer les systèmes de santé nationaux, lutter contre le changement climatique, voire créer des emplois décents. Quatre ans après cette petite révolution, le bilan est contrasté.

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Il y a de tristes réalités qui perdurent. La faim dans le monde, que l’ONU souhaite éradiquer, continue de progresser, 1,6 milliard de travailleurs continuent de gagner à peine 200 dollars par mois. Le financement des ODD, estimé à plusieurs milliards de francs – jusqu’à 15% du PIB pour certains pays –, est clairement insuffisant. La transformation économique et sociale souhaitée n’aura pas lieu sans des efforts beaucoup plus substantiels.

Le chemin est encore long, mais il y a des raisons d’espérer. Les ODD sont un changement de paradigme majeur exigeant des Etats, de la société civile, des organisations internationales, des ONG et du secteur privé qu’ils abandonnent les vieilles habitudes afin de réellement coopérer de façon transversale. Le climat n’est plus seulement une question climatique. Il est étroitement lié à la santé, à l’emploi, à la paix. Comme tout est imbriqué, les solutions au développement seront systémiques ou ne seront pas.

Dans la logique du Pacte mondial de l’ONU conclu en 2000, le secteur public ne peut relever seul les extraordinaires défis planétaires d’aujourd’hui. L’économie privée est un partenaire indispensable. Avec la multiplicité des acteurs concentrés dans son dense écosystème d’expertises, Genève peut et doit jouer un rôle crucial pour lancer des partenariats inédits.

Une partie de l’économie a saisi l’intérêt de s’impliquer dans le programme onusien. Les investissements privés dans les énergies renouvelables sont gigantesques. Ils sont en revanche minimaux dans la lutte contre la pauvreté. Il n’empêche. Même les établissements bancaires s’y mettent. Plusieurs patrons de banque seront à l’ONU à New York en septembre pour le lancement des «principes pour un secteur bancaire responsable».

Le succès des ODD n’est de loin pas garanti. Il incombe à tous les acteurs du développement d’assurer leur mise en œuvre. Un travail de Sisyphe.