Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) s’est vanté la semaine dernière dans un communiqué de la bonne marche de sa nouvelle procédure d’asile, mise en œuvre le 1er mars 2019. Cette information, partielle et partiale, mérite quelques commentaires critiques.

Premièrement, il faut souligner que la mise en œuvre de cette grande restructuration a bénéficié d’une période exceptionnelle: jamais, depuis 2007, aussi peu de nouvelles demandes d’asile n’avaient été déposées en un an (environ 14 000). Le système prétendument meilleur n’a donc été testé qu’à bas régime. Les fluctuations du nombre de demandes étant la norme dans le domaine de l’asile, attendons de voir ce qui se passera lorsque les demandes d’asile remonteront au-dessus des 20 000 par an. La nouvelle procédure, compressée à quelques jours, menée à une cadence infernale, pourrait rapidement dysfonctionner en cas d’augmentation du nombre de cas à traiter, en raison notamment de difficultés à trouver les ressources humaines nécessaires (fonctionnaires, interprètes, représentants juridiques), et de la complexité à planifier les différentes étapes de procédure.