L’Agence France-Presse donne le ton: «Ça se resserre… un peu. Après le premier tour, l’Euro est passé de 24 à 16 équipes, qui s’affronteront de samedi à mardi lors de huitièmes de finale relevés et indécis, avec une affiche France-Suisse lundi 28 juin à Bucarest, mais surtout des chocs Belgique-Portugal et Angleterre-Allemagne.» Mais surtout. C’est déjà relativiser l’importance ou l’enjeu du match qui intéresse en premier lieu les supporters de la Nati, non? Comme si c’était déjà plié?

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Pas tout à fait mais presque, si l’on en croit Ouest-France. «La France va retrouver un adversaire qu’elle connaît très bien en 8e de finale», dit ce média. «Les Bleus et la «Nati» se sont en effet souvent affrontés en grande compétition ces dernières années, avec un avantage certain pour les Tricolores. A chaque fois en poules: Euro 2016 (0-0), Mondial 2014 (5-2), Mondial 2006 (0-0), Euro 2004 (3-1)… Dans toute l’histoire, France et Suisse se sont jouées à 38 reprises (16 victoires bleues, 10 nuls et 12 défaites).»

Ensuite, on lit que «la Suisse n’est pas une grande nation de football», mais aussi que «c’est une formation accrocheuse et souvent pénible à jouer. Les matches de 2016 et 2006 sont là pour le rappeler à l’équipe de France.» Actuellement, elle est «portée par ses joueurs d’origine balkane» [sic]. «L’équipe de Vladimir Petkovic, disposée en 3-5-2, espère enfin franchir le cap des huitièmes de finale, elle qui est toujours parvenue à sortir des poules de grand tournoi depuis 2014, mais sans jamais atteindre les quarts.»

Alors, quel pronostic? Selon FranceInfo, «la France a bifurqué vers la voie la plus accessible pour remonter au sommet de l’Euro». Le quotidien de Rennes, lui, ne fait pas trop de paris. Car «la Suisse est […] un adversaire largement à la portée des Bleus, bien plus abordable en tout cas que l’Angleterre ou la Belgique, qui étaient les autres candidats». Mais avant d’envisager leur quart…

… Il faudra faire le travail, lundi prochain en Roumanie

Le site CNews.fr est plus prudent, pour lequel «les Bleus n’ont pas toujours convaincu lors de la phase de poules. […] Les champions du monde ont […] conscience qu’ils vont devoir élever leur niveau de jeu à l’aube des matchs à élimination directe, qui n’offrent plus aucun droit à l’erreur, pour espérer aller plus loin dans la compétition.» Et si la Suisse «est à la portée des hommes de Didier Deschamps, […] elle a pu bénéficier de plus d’une semaine pour récupérer et préparer ce rendez-vous. Un luxe qui peut faire la différence dans ce genre de compétition…»

Sur le site du Monde, un internaute pose la question: «Avec la Suisse, on a une des équipes les plus faciles à battre, non?» Réponse: «C’est souvent quand on dit ça que le plan ne se passe pas comme prévu. Alors disons que la Suisse est une redoutable équipe (mais gardons secrètement en tête qu’elle ne passe jamais les 8e de finale).» Et Benzema conseille aux trop confiants de… se méfier, précisément: «On en a vu, des matchs supposés pas compliqués.» Alors, en attendant de «voir les Bleus en découdre […] avec des Suisses a priori à leur portée», selon 20 Minutes (France), rions un peu:

«France-Suisse: comme on se retrouve», titre pour sa part le site Football365.fr.
«L’équipe de France avait la certitude d’affronter un adversaire coriace. Si la Suisse est certainement le moins cotée, elle restera redoutable.» Mais «dans un tournoi majeur international, les Bleus n’ont jamais connu de faux pas face aux Helvètes. En revanche, en amical, il y a bien eu des accrocs.» Le dernier ne date pas d’hier, mais «de mai 1992, juste avant l’Euro suédois, les Tricolores s’étaient inclinés 2-1 à Lausanne».

«Rien n’est acquis, rien n’est facile»

Pour l’heure, Paul Pogba, au micro de TF1, s’est montré déterminé: «On sait qu’on avait un groupe très difficile. Au football, rien n’est acquis, rien n’est facile. On a rempli le premier objectif, le plus dur reste venir. On reste concentrés et on est contents d’avoir atteint le premier objectif. On est passé, maintenant, c’est comme les play-off: soit on reste, soit on rentre, et nous, on veut aller jusqu’au bout et tout donner pour pouvoir aller chercher ce qu’on veut.» La Croix, elle, fait dans le titre un brin énigmatique:

Les Bleus ont mérité leur billet pour la Suisse

Mais la preuve que le boulot n’est peut-être pas encore fait, c’est la formule ambiguë dont usent La Voix du Nord et La République du Centre: «La France défiera la Suisse.» De ce côté-ci du Jura, on aurait plutôt tendance à dire l’inverse.


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