Éditorial

Le blitzkrieg de Pierre Maudet

ÉDITORIAL. Les instances dirigeantes du PLR genevois ont finalement choisi de ne pas se prononcer sur l’affaire Maudet. Le conseiller d’Etat en a profité pour prendre le dessus sur un comité maladroit. Renouer la confiance avec les électeurs sera un défi d’une autre ampleur

La direction du Parti libéral-radical genevois est désormais un pan du problème qu’elle était pourtant décidée à régler. Cette semaine, elle a voulu enfin se montrer résolue et indiquer la porte à son conseiller d’Etat le mieux élu, Pierre Maudet. Depuis le 30 août, ce dernier est prévenu d’acceptation d’un avantage suite à son voyage à Abu Dhabi. L’enquête pénale en cours va conduire à la mise en prévention de cinq personnes.

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Faute d’avoir pu se mettre d’accord en début de semaine, les 30 membres du comité directeur du PLR se sont donné rendez-vous vendredi matin. Ce délai les a exposés à une riposte. Elle est venue en blitzkrieg: la convocation à la hâte d’une assemblée générale extraordinaire, par les soutiens de l’ex-président du gouvernement cantonal. La vitesse avec laquelle les signatures nécessaires ont été récoltées montre qu’ils sont encore nombreux au sein de la formation politique. Par souci d’apaiser les tensions, vendredi, les 30 se sont donc abstenus de prendre la décision que certains brûlaient d’annoncer mardi. Faute d’avoir agi plus tôt et plus fermement, le comité s’est dédit. On peut se demander quelle valeur aura la prochaine prise de parole de la direction politique du PLR genevois.

Plébiscite en assemblée

L’assemblée générale devrait avoir lieu dans les premiers jours du mois de décembre. Rien ne garantit qu’elle débouchera sur une décision ferme. Après cette cuisante défaite, le comité directeur ne veut pas prendre le risque de se faire désavouer par ses membres. Il compte donc faire de cet événement une simple séance d’information et de discussion. Les plus fidèles à Pierre Maudet, eux, feront tout pour la transformer en plébiscite.

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L’état d’incertitude, voire de zizanie, dans lequel sont plongés le parti, le collège gouvernemental et le canton depuis plusieurs mois va donc vraisemblablement se prolonger. On aurait pu attendre d’un homme de l’envergure de Pierre Maudet qu’il comprenne de lui-même que son obstination aurait de funestes conséquences, même si sa démission serait, dans tous les cas, un beau gâchis.

Irruption de l’argent

Ces derniers développements ternissent, encore une fois, l’image d’homme d’Etat que Pierre Maudet s’était forgée par son brillant parcours. Tout n’est pas encore clair dans le trajet des cotisations à son parti qu’il a fait payer par d’autres. Mais cela fait naître des questions sur la droiture de l’élu dans ce domaine également.

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Quel que soit le dénouement de l’enquête de justice, renouer la confiance avec les électeurs sera un défi d’une autre ampleur que celui de prendre le dessus sur un comité pataud.

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