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Et toi, tu réussis ta vie?
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La vie à 25 ans

Le blues des retrouvailles avec les anciens copains de promo

CHRONIQUE. Reprendre contact avec ses camarades d’école quand on a 25 ans, c’est évoquer ses vieux souvenirs communs mais, surtout, se lancer dans une comparaison inconsciente et anxiogène des réussites de chacun

Vous l’avez reçue, vous aussi? Cette invitation qui vous vend le plan du siècle: une réunion d’anciens élèves. Sûr que oui. Les 10 ans de la matu ou du diplôme universitaire, c’est le genre d’anniversaire auquel certains ne coupent pas. Mais si on se réjouit d’abord de rattraper le temps perdu en croquant des cacahuètes, vient rapidement cette impression de se jeter dans la fosse aux lions.

Tout commence par un interrogatoire faussement innocent. C’est comment, ce stage? Toujours en coloc, c’est ça? Le but: glaner un maximum d’informations sur son challenger et dégainer plus vite que lui. Oui, tout roule pour moi aussi, merci. Si à ce stade, on ne pense pas (encore) à comparer ses ridules à celles de ses anciens camarades, tout le reste alimente un genre de compétition inconsciente.

On avance ou on barbote?

Parce que avoir la vingtaine avancée, c’est devoir prouver aux autres, illustres inconnus compris, qu’on a sa vie bien en main. Qu’on est en train d’étoffer son CV, construire une relation stable, mettre des sous de côté, bref, qu’on pave sérieusement son avenir. Alors que, en réalité, on barbote plutôt dans le ciment de nos incertitudes, de nos (dés) illusions et de notre peur de l’échec, le tout conjugué à un marché du travail bouché, des loyers inaccessibles et des amours compliquées. «Les plus belles années», vous disiez?

Si le succès des copains de promo ne suffit pas à vous complexer, la société et ses injonctions s’en chargeront tout aussi bien. Exemple: en 2015, une étude britannique dévoilait le «guide ultime de la vie», une liste d’étapes par lesquelles chacun devrait passer à un âge donné. Je me dois donc de vous dire que si vous n’avez pas obtenu votre premier job à 19 ans, annoncé vos fiançailles à 25 et la naissance de votre premier bambin à 28, vous êtes en passe de rater le coche. Ah, et pour votre gouverne, il serait temps d’économiser, parce que l’achat de la villa, c’est à 29 ans tapants.

Une pression viscérale

Aujourd’hui, la Sainte-Catherine ne coiffe plus les femmes de 25 ans non mariées (quelle ânerie) et, Dieu merci, les parcours de vie se diversifient. Mais ironiquement, alors qu’on n’a jamais autant parlé de développement personnel, la pression de la réussite n’en reste pas moins viscérale. Résultat: paumés, plus de 80% des millennials auraient déjà souffert de ce qu’on appelle le «blues du quart de siècle».

Je pourrais bien être de ceux-là. Alors si vous me croisez un jour à une réunion d’anciens élèves, soyez sympa: au lieu de me parler carrière, tendez-moi plutôt le bol de cacahuètes.


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