En août dernier, Thomas Jordan, le président de la Banque nationale suisse (BNS), déclarait devant le gotha des banquiers centraux à Jackson Hole que «résoudre le changement climatique n’est pas [son] job». Fin octobre, il annonçait que, sur les trois premiers trimestres de cette année, la BNS avait réalisé des pertes de plus de 142 milliards de francs. Probablement qu’en le poussant un peu, il nous dirait, conformément à ses déclarations précédentes, que préserver notre épargne collective n’est pas son job non plus. Comment est-il possible que la personne à la tête de l’institution la plus importante pour l’économie de notre pays, qui gère par ailleurs un portefeuille d’investissements de quasi 1000 milliards de francs suisses – 20 fois la taille du fonds AVS, l’équivalent de la masse sous gestion des quelque 1500 caisses LPP de notre pays –, puisse à ce point, sur ces questions comme sur d’autres, se décharger de ses responsabilités?