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Jean-Michel Blanquer, ministre français de l'Education nationale en compagnie du président Emmanuel Macron lors d'une visite de classe scolaire. Forbach, 4 septembre 2017.
© PHILIPPE WOJAZER

Chronique

De bonnes pistes de réflexion sur l’enseignement

En France, actuellement, le nouveau ministre de l’Education prend des décisions que les observateurs, même les plus critiques, s’entendent à juger pertinentes. Est-il question de les appliquer à la Suisse? se demande notre chroniqueuse Marie-Hélène Miauton

Le ministre français de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, est bien au fait des questions liées à l’enseignement. Il a été professeur d’université durant l’essentiel de sa carrière ainsi que directeur d’établissement ou recteur d’académie. De quoi avoir fait le tour de la question, ce d’autant plus qu’il a publié deux ouvrages essentiels sur le sujet. L’école de la vie, en 2014, dessinait les contours d’une école capable de transmettre aux enfants les savoirs fondamentaux. L’école de demain – Propositions pour une Education nationale rénovée, paru en 2016, est le véritable programme de législature d’un homme qui se vouait sans doute à devenir ministre. Après Najat Vallaud-Belkacem, que son parcours juridico-politique n’avait jamais amenée entre les murs d’une classe, la France disposera donc d’un homme de terrain pragmatique pour faire pièce aux innombrables aberrations mises en place avant lui.

L’école française est malade, gravement malade. Alors que ses dépenses par élève sont dans la moyenne de l’OCDE, elle obtient des performances au-dessous de la moyenne en comparaison internationale. Jean-Michel Blanquer a donc décidé de commencer par le commencement et de centrer son attention sur l’école primaire, là où s’acquièrent les outils indispensables que sont l’écriture, la lecture et le calcul que trop de petits Français ne maîtrisent plus. Ainsi, il a promis une augmentation de budget à ce niveau qui n'est actuellement pas assez doté, au détriment du secondaire qui l’est trop.

Modèle finlandais

En outre, l’école de la République ne fait qu’accroître les inégalités avec pour conséquence que l’ascenseur social est en panne. La France est d’ailleurs le pays de l’OCDE où l’origine socioéconomique pèse le plus sur la réussite scolaire des enfants, ce qui est évidemment inadmissible! Pour inverser cette tendance et tirer tout le monde vers le haut, le nouveau ministre ose asséner des mots clés tels qu’autorité, autonomie, acquisition des fondamentaux et hiérarchisation. On comprend dès lors que M. Mélenchon n’aime pas du tout!

Il prône enfin une plus grande indépendance des établissements qui, au-delà d’un cadre imposé en français et en mathématiques, auraient tout loisir de développer des projets propres, cela même qui est en vigueur en Finlande, pays européen qui réussit le mieux les tests PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).

Et en Suisse romande

Et la Suisse romande, que fait-elle dans ce domaine? Il est difficile d’en parler puisque les modèles sont cantonaux, mais regardons vers les deux cantons les plus peuplés, Vaud et Genève. Le premier vient de changer de ministre au DFJC mais ce dernier reste en mains socialistes. On peut donc s’attendre à de la continuité, d’autant que Mme Cesla Amarelle encense le bilan d’Anne-Catherine Lyon. Elle devra pourtant réformer ce qui est réformable dans la LEO, qui suscite beaucoup d’insatisfactions. Pour l’instant, elle entreprend de développer l’enseignement du numérique, ce qui ne résoudra en rien les problèmes rencontrés par les élèves dans l’acquisition des connaissances de base, puisque leur niveau est inférieur à celui des cantons de Fribourg et du Valais en mathématiques et en sciences, et reste très moyen en lecture. Est-ce une fatalité?

A Genève, c’est Mme Anne Emery-Torracinta qui préside depuis 2013 aux destinées d’une école qui ne parvient guère à améliorer ses résultats. En comparaison avec le reste de la Suisse romande, les élèves du bout du lac sont moins bons en lecture que Fribourg ou le Valais, et inférieurs en mathématiques à tous les autres sauf Neuchâtel. Il y a donc du pain sur la planche, même si les profils sociaux différents des élèves ici et là peuvent en partie expliquer ces différences.

On dit souvent que ces deux cantons sont particulièrement tournés vers la France voisine, au point d’en adopter parfois les mauvais plis. Espérons qu’en contrepartie ils suivront les saines réformes qu’elle est en train d’entreprendre dans l’enseignement.

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