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Les bonnes résolutions de Facebook peinent à convaincre

Comme chaque année, Mark Zuckerberg a listé ses priorités pour 2019. Après une année noire, il compte organiser des débats sur l’avenir de la technologie

C’est désormais devenu une tradition. Chaque année au début du mois de janvier, Mark Zuckerberg livre ses bonnes résolutions et autres défis personnels. Après une année mouvementée, marquée par le scandale des données siphonnées par la société Cambridge Analytica, le patron de Facebook veut désormais mettre l’accent sur le dialogue. Son but? Organiser des débats publics sur l’avenir des nouvelles technologies et leur impact sur la société. Une déclaration d’intention accueillie plutôt froidement par les internautes.

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Dans son message publié mardi sur sa page Facebook, Mark Zuckerberg s’est dit déterminé à discuter de toutes les facettes de la technologie: ses «opportunités, ses défis, ses espoirs et ses inquiétudes». Qui y participera? «Toutes les deux ou trois semaines, je parlerai avec des dirigeants, des experts et des membres de notre communauté issus de différents domaines et j’essaierai différents formats pour que cela reste intéressant. Tous les échanges seront publics, soit sur mes pages Facebook, Instagram, soit sur d’autres médias», précise le PDG.

Internautes sceptiques 

Stratégie de communication ou vraie volonté de s’ouvrir au dialogue voire à la critique? Sur les réseaux, les internautes ne sont pas toujours tendres. «Est-ce que @MarkZuckerberg a enfin reçu nos messages répétés pour tenter d’identifier la source de tous ces problèmes? Espérons que ces débats se traduiront par un semblant d’amélioration en matière de confidentialité pour les usagers», lâche @SiegNY. «Facebook est fini à cause d’une faille de sécurité, plus personne ne lui fait confiance! Que diriez-vous d’aider des organismes de bienfaisance et de donner une partie de votre richesse aux pauvres?» suggère pour sa part @n_naheeda.

D’une année à l’autre, il ne faudrait tout de même pas tout oublier, rappellent certains. «J’espère vraiment que cela ne signifie pas que le défi de 2018 et les efforts pour «aborder les questions importantes concernant les élections, la parole, la vie privée et le bien-être» à #Facebook sont maintenant terminés…», souligne @HalikGhinwa.

Les séquelles de #deletefacebook

Dans le sillage de l’affaire Cambridge Analytica, le mouvement #deletefacebook a essaimé. Et il compte encore des adeptes, bien résolus à ne pas pardonner la «trahison». «Bon, je viens de supprimer FB pour de bon le 17 décembre, et j’ai hâte d’en être définitivement débarrassé le 17 janvier. Rien de ce que vous ferez ne me fera revenir. Il y en a des tonnes d’autres comme moi, alors considérez que vous avez ruiné un bon produit de départ en oubliant que moins c’est plus. #deletefacebook», clame @lourencovc.

@oliviertesquet attaque, lui, encore plus fort. En lieu et place des débats, le journaliste a d’autres idées à proposer à Mark Zuckerberg. «Une liste de bonnes résolutions […] en 2019: Démissionner – démissionner – se mettre au macramé – passer l’année dans la peau d’un modérateur philippin – démissionner.»

Qui a droit à la parole? 

A l’heure où les fake news et les trolls polluent régulièrement le débat public, le patron avance ses pions. «Voulons-nous que la technologie continue de donner la parole à un plus grand nombre de personnes, ou est-ce que les gardiens traditionnels contrôleront les idées qui peuvent être exprimées?» @willydunn y voit une dangereuse dérive. «La résolution du nouvel an de Mark Zuckerberg utilise le même mensonge qui anime l’extrême droite: que les «gardiens traditionnels» (le gouvernement, l’establishment scientifique, la presse, les enseignants) répriment la liberté de parole et la vérité.»

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