Limmatquai (2/8)

Les «Böötler», ces marins de rivière, ont leur port à Dietikon

La commune zurichoise a aménagé une station à 500 000 francs pour les bateaux gonflables qui défilent le long de la Limmat en été

Chaque mardi de l'été, notre correspondante à Zurich explore les secrets et les chemins de traverse de la cité de Zwingli. 

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La Züri Fäscht ou l’art de la mesure dans la démesure

Ils prennent les rives d’assaut avec leurs bateaux de pacotille. Les Böötler en dialecte, ou marins des rivières. Dès les beaux jours, c’est le défilé sur la Limmat. On reconnaît les plus expérimentés à leurs accessoires: rames, sac étanche, bouteille d’eau, chapeau et crème solaire. A côté des embarcations classiques, on voit passer des licornes, flamants roses, cactus ou ananas. Bref, descendre la rivière dans un bateau ou tout autre objet gonflable fait partie des incontournables de la belle saison zurichoise.

Bruit et déchets

Ils partent du quartier zurichois de Wipkingen pour rejoindre, 10 kilomètres plus loin, Dietikon, d’où ils reviennent en train. Les Böötler donnent du fil à retordre à la petite commune. Car un tel trafic ne va pas sans nuisances pour la faune et la population, avec les décibels des haut-parleurs que ces navigateurs ne manquent pas d’emporter entre deux packs de bière, et les déchets. Sur la Nötzliwiese, un talus où ils ont l’habitude de se laisser échouer (dernière sortie avant la centrale électrique), on trouve, abandonnés, canots pneumatiques usagés, canettes et grils jetables.

Mais pas question de mettre fin au flot de citadins dans cette commune de banlieue, oubliée le reste de l’année. Alors cet été, la nouveauté a été annoncée en grande pompe dans les médias locaux: l’ouverture d’une «zone de détente» avec grils, place de jeux, toilettes et surtout un espace d’entrée et sortie sur les berges pour les bateaux gonflables. Le tout à quelques pas de la gare de Glanzenberg, juste avant Dietikon, où passe la S-Bahn qui ramène les Böötler chez eux.

L’entreprise d’électricité du canton de Zurich (EKZ), l’Office cantonal de l’aménagement du territoire et la commune de Dietikon financent cette nouvelle station pour canots pneumatiques, dont le coût total dépasse 500 000 francs. Rien n’est trop luxueux pour les capitaines d’eau douce.

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