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La Street Parade à Zurich, grande fête de la techno.
© PPR/obs/Verein Street Parade/Verein Street Parade Zuerich

Un été à Zurich (6/7)

Sur les bords de la Limmat, la tentation de la fête sauvage

On enchaîne les kermesses populaires à ciel ouvert. Mais il n’en a pas toujours été ainsi dans la cité de Zwingli

Zurich retient son souffle. Samedi, une marée humaine s’apprête à pulser dans les artères de la ville pour la Street Parade. Car l’été sur les bords de la Limmat, c’est aussi la saison des fêtes populaires. Après la fête de la techno, au tour du festival de musique Zürich Openair le 23 août, suivi de près par la Dörflifäscht (fête de la vieille ville, dès le 24).

La Zurich Pride avait déjà ouvert le bal en juin. Et, l’an prochain, tout recommencera dans le même ordre, avec en prime celle qui se targue d’être «la plus grande fête de Suisse» et draine jusqu’à deux millions de visiteurs durant 48 heures: la Züri Fäscht. L’événement n’a lieu que tous les trois ans, le temps de se faire oublier.

L’été, la fête occupe donc l’espace public. Mais il n’en a pas toujours été ainsi, dans la cité berceau de la Réforme. Les anciens vous raconteront qu’à leur époque, seuls quelques restaurants étaient autorisés à étendre une terrasse devant leurs portes, ou que les badauds avaient l’interdiction de fouler les gazons de certains parcs publics. Et jusqu’en 2000, l’interdiction de danser – le Tanzverbot – obligeait bars, clubs, théâtres, musées et cinémas à garder portes closes les jours fériés (Noël, Pâques ou Pentecôte). L’Etat cultivait cet interdit religieux remontant au temps où la danse était associée à la tentation du diable, au nom de la «protection de la tranquillité publique».

Débauche de divertissements organisés

Mais aujourd’hui, Zurich, consciente de la manne que représentent les millions de visiteurs foulant ses clubs et ses quais chaque année, se proclame fièrement «capitale suisse de la fête». Dans cette débauche de divertissements organisés, certains regrettent le charme des parties illégales dans les caves. Alors, pour s’éloigner des grands-messes trop populaires, trop conformistes ou trop commerciales à leur goût, des Zurichois perpétuent la tradition des fêtes sauvages. Elles éclosent spontanément dans les interstices urbains, dans les parcs ou les forêts et se propagent par le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux. L’été, les agoraphobes n’ont plus qu’à partir en Engadine.


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